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15 févr. 2013

le printemps dans l'hiver

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Quelques photos prises derrière la maison la semaine dernière.
Nous avons un hiver qui ne manque pas de neige mais de soleil un peu.

Les jonquilles et les tulipes poussent leur vert feuillage hors de terre. Je trouve cela admirable. Cette terre chez moi est tassée, très humide, glaciale depuis des jours et des jours. Cela n'empêche pas le printemps de germer en souterrain. J'avoue que j'ai hâte de voir des fleurs de couleurs.

Tiens et si je mettais une photo fleurie ?




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L'année dernière, le premier printemps ici.

J'ai mis des bulbes en terre pour la première fois de ma vie aussi. Tulipes et dahlias inclus.

Nous verrons cette année ce que cela donne car j'ai tout laissé sous terre !

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Et puis on peut aussi peindre des jardins imaginaires. C'est ce que nous ferons le mardi matin à l'atelier, pour l'expo.

J'ai fait un petit essai, pour voir.






Notre aventure est sur le blog langagepapierscouleurs.blogspot.com, le lien direct est en haut dans la colonne de droite.



13 sept. 2011

Amonseulées

Dans une chambre, dans un placard, dans un tiroir.
Un carnet, deux carnets, trois. Des feuillets.
un projet de départ quelques jours à la mer
Un fouillis, un bazar sur le bureau
Les roses aux carreaux.


Dans une chambre quelque part
Seule parce que seule
Un panier, deux sacs, une boite rectangulaire qui contient des bouts de papiers colorés
Le sac en osier de la piscine, on n'ira plus jusqu'à quand ?

Un abat jour et des trucs collés dessus
Un cahier, deux cahiers, petits ou grands

Refaire, je voudrais refaire
Repartir dans un début
Je vais marcher sur les quais, fouler des trottoirs


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15 mai 2011

Grand ménage des femmes

Je ne sais pas pourquoi quand je me mets à faire un grand coup de ménage dans ma maison je pense à ma  soeur et à ma mère et à la maison d'Ajaccio.

J'ai des images de ma soeur ( aînée, onze ans de plus que moi, elle a l'âge de la retraite) frénétique, la tête dans la poussière des vieux placards. J'ai des images de ma mère et le plaisir de remuer les antiquités de la vieille maison familiale de son île. Dans ces moments là, ensemble, je crois qu'il y avait tout un courant de vie qui passait, très énergétique. On ne sentait pas la fatigue, on se dépensait, comme on dit.

Faut dire que la Mamie partie, la maison restait inhabitée dix mois sur douze. Alors y débouler à l'été c'était refaire sa vie, lui redonner de nous, la faire sourire et débusquer encore des secrets.

Je dis "maison" parce que c'est immense, mais c'est en fait un étage, sur les trois que comporte cette jolie batisse florentine aux murs roses, face au port. Balcons et escaliers de marbre. Moulures au plafonds. l'appartement était si grand, petite je faisais du vélo dans le couloir, que le frère et la soeur l'ont coupé en deux il y a trente ans, à la mort de leur mère, ma grand-mère.

Dans sa forme d'origine c'était un dédale. Couloirs, boudoir, grandes pièces de rangement à l'entrée des chambres avec fioles et bocaux en verre du grand-père médecin. La maison servait aussi de cabinet de consultations. La plaque en marbre avec son nom est toujours sur la rue devant la porte d'entrée.

Immense salon avec son luxueux lustre haut perché plein de gouttes de verre. Une vraie salle de bal pour la petite fille que j'étais et qui pianotait ses compositions sur le vieux piano droit, concentrée au possible et un peu ennuyée par les longues siestes des grands. C'est long, que faire ? On ne va pas à la plage après le repas, on se repose. Mais on y restera ensuite jusqu'au coucher du soleil.

Je nous vois avec ma mère perchées sur des échelles pour atteindre des placards, des trappes, en hauteur, des endroits remplis de merveilles : vêtements d'un autre temps, objets parfois bizarres, meubles, bibelots merveilleux.

Je nous vois laver à grande eau les tomettes rouges. Autrefois la grande cuisine donnait sur la ruelle où on faisait sécher le linge sur un fil qui glissait entre la voisine d'immeuble et nous. Comme en Italie, et comme à Montréal aussi, chez mon amie. Les draps flottants comme des drapeaux en haut des ruelles. Les ruelles qui sentent la pisse. Derrière la maison un petit passage qui mène à une rue très commerçante où mamie avait ses habitudes. Toujours une chaise en paille cabossée et qui sent l'osier pour s'arrêter au perron de l'épicière et papoter. "Ah c'est votre petite fille !!". La petite-fille était fière et puis je porte le prénom de cette grand-mère, ça personne ne pourra me l'enlever.

Car la maison familiale je l'ai laissée à mon frère qui a préféré tout garder. Et nous ne sommes pas du genre à passer des vacances ensemble, pas du tout du tout. Il a donc tout racheté. Peu importe, les souvenirs je les ai et cet endroit est mien pour toujours grâce à ce que j'y ai vécu, uniquement moi avec moi.

C'est vrai que c'était plutôt une maison de femmes. C'est sans doute pour cela que j'ai gardé les images fortes de ces femmes fortes qui s'y agitent et rangent, trient, lavent, poussent, déplacent, cherchent, re rangent, organisent les choses, leur donnent forme et goût. C'est aussi pourquoi je sais combien ma soeur va souffrir de ne plus y être chez elle. Une blessure sans fond qu'elle n'a pas su voir venir, qu'elle va subir. J'aimerais la consoler de cela mais c'est encore trop tôt, le lot des failles creusées après les deuils a emporté nos compassions. Des choix trop difficiles entre nous, pleines d'incompréhensions.

Ma grand-mère avait sa chambre au fond, avec de lourds rideaux roses ancien, soyeux ,et personne n'entrait dans son antre. C'est elle qui t'y emmenait. Tu savais alors que quelque chose t'attendait. Préméditation, excitation, chuchotements. "Tiens, je vais te montrer" "Tiens, tu peux prendre ça". Une photo, un objet, un vêtement, une petite boîte avec un billet. Et des baisers très mouillés.

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23 avr. 2011

De loin, elles. Ceux qui ne savent pas combien on les aime.

J'avais un peu plus de vingt ans quand elle est née. Cette nièce n'était pas la première mais elle aurait une histoire particulière.

Sa maman était voyageuse et elle était devenue une amie aussi, presque une grande soeur car elle et moi et mon frère on avait cohabité pour ma dernière année de lycée.
Elle a fait ses bagages et vécu seule au Vénézuela avec sa fille, toute petite. Puis au Canada, elles ont construit une famille avec un vrai papa et deux autres filles sont arrivées. Des splendeurs elles aussi.

Je n'ai plus jamais revu ni cette mère ni cette fille qui porte un morceau de mon nom aussi.

Je les portais en mon coeur, ma mère et ma soeur aussi les portaient, les aimaient, même sans nouvelles.

Et puis cette amie lointaine, mère d'une nièce, un jour m'a téléphoné. Sa fille avait vingt ans et voulait passer en France voir cette partie là de sa famille. Pourrais je la recevoir ?
J'ai cru tomber par terre mais j'étais déjà assise sur la moquette avec mon coeur au plafonnier, éclairé.
Je suis allée la chercher à la gare, c'était il y a dix ans. On a bu en terrasse. Elle est belle, elle a un sourire à mordre dedans. Elle a une tête remplie et de la gratitude pour tout ce qu'elle voit.

Depuis, elle a quitté Montréal pour vivre à Londres. Il est beau aussi son aimé, son amoureux. Sur facebook leurs photos font chaud.
C'est pour elle et pour ses soeurs et pour leur mère (que j'ai revue il y a quatre ans ...pas vue depuis 25 ans !) que je me suis mise sur facebook. Elles ne sont pas du genre à écrire, elles ne répondent jamais aux courriels. C'est comme ça.

Et puis il y a deux jours elle m'a demandé mon numéro de téléphone. Et hier j'avais sa voix sur le répondeur. Sa voix.
Zut, je n'étais pas là. " Je rappelerai demain" a-t-elle dit.

Et demain c'est aujourd'hui.
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11 févr. 2011

Les premiers voyages

C'est la vie qui appelle.
On prend des trains, on prend des pelles. On prend l'eau. Ecoper c'est vivre, regarder plus haut, ne pas savoir d'où vient la vague.

J'étais petite quand j'ai pris l'avion. On rejoignait toujours ma grand-mère corse chez elle. Mais le plus souvent en bateau.

De ce grand paquebot tous les rêves de fillette prenaient le large, crois moi, en cinémascope, tu vois ?

Il y a les départs du port de Marseille. C'est beau. Partir en bateau, on sent qu'on part de tous les côtés. La peau vibre, on fait partie de. On ne subit pas le voyage.

On dort. Jeune femme je me calais dans un coin du pont, près du ronron des machines et je dormais là, dans mon sac de couchage. Eblouissements. Tu n'as pas besoin de faire de beaux rêves, ils sont tous au dehors cette fois. Couchés près de toi.

Petite, au réveil, à l'aurore naissante. Pas de mots. Quelques descriptions, des exclamations, des doigts pointés. Mais surtout des silences pleins de respirations. La côte qui arrive. C'est l'enfance, c'est la maison. 
Le golfe d'Ajaccio à partir des Sanguinaires. C'est nous. C'est la force, c'est la tristesse des départs, des non retours, c'est la racine et l'arbre, c'est l'abandon, les choix, les renoncements, les contours et les vides. C'est ma mère sur le pont dont les yeux pleurent de joie. C'est revenir et repartir, on le sait déjà. C'est profiter sans délai, on le sait, on le fera. La promesse des tout de suite dans les bras.

J'ai grandi avec l'urgence du maintenant, la blessure du quitter, l'immanence des fins, la force de tout tenter.

Vers la fin du voyage en paquebot, c'est la grand-mère qui est face au port, chez elle, sur le balcon. On la voit avant même d'accoster. Elle porte sa main au dessus des yeux comme ils font tous face au soleil. Mais là c'est nous son soleil. 



Il y a les annonces des hauts parleurs, puis la descente vers la voiture, les rituels, les excitations. La fierté de tout connaître, d'être en terrain conquis. Une petite fille déjà grande dans sa tête. Une femme maintenant qui gardera sa joie de petite fille. Dans ces essentiels là, ceux de la voiture qui quitte le bateau et traverse la route pour arriver chez elle. Et peu importe si aujourd'hui il n'y a plus tout cela, aux mêmes endroits. Ce n'est plus "chez elle" mais peu importe les ruptures, ou les murs laissés derrière toi.

Parce que chez toi c'est juste là. De l'autre côté du ponton, de l'autre côté de la route, là au bout du chemin par où il te faut prendre ta main. Prendre ta main.
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26 janv. 2011

V.I.P to Norway

Un jour j'ai voyagé en avion  sans avoir acheté le billet. C'est une délicieuse sensation que d'arriver à Orly avec juste un léger bagage, d'aller au guichet où on t'a dit d'aller. Le panneau annonce "Stavanger", avec une heure de départ. Tu dis juste ton nom, tel un sésame,  et on te donne un billet et une fiche d'embarcation. Mata Hari tu es, une voyageuse incognito en place V.I.P, une very importante personne. Tu monteras dans le jet d'une société pétrolière, de celles qui ont des plateformes de forage dans la Mer du Nord. Ainsi tu arrives au sud de la belle Norvège en plein mois de novembre et D. t'y attend.

D. travaille pour ladite société, qui a ses écoles privées pour les chérubins du personnel. L'avion est presque vide, pas de problème, il est réservé au personnel et leurs amis, deux vols par semaine, toujours le même jour, à la même heure. D. a indiqué mon nom et le jour J. à la compagnie, et voilà, Mata s'envole en V.I.P, very impressionnée indeed.

D. c'est "L'ami d'amis". Odile et G. se sont mariés, je suis témoin et amie d'O.  Quant à D. c'est l'ami, et témoin, de G. En 1991 nous voilà célibataires tous les deux, lui et moi. Tiens ? Cela ferait un accord parfait, une sonate à quatre doigts de ma main : O et G + lui et moi. Des amis hors pair qui se connaissent bien. 

Non, ça ne marche jamais avec moi ces plans là, zut. Dix ans auparavant il y a eu  un scénario identique mais avec d'autres personnages dont B.... Oh le beau, toujours en mer sur des bateaux, étudiant aux beaux arts avec Patrick, le fiancé de mon amie ! L'amie avec laquelle je cohabite et étudie au Havre, en 1979. Elle retourne les fins de semaines chez eux, à Caen. Parfois elle m'emmène et là on est quatre, le plus souvent. B et Patrick, elle et moi. On est beaux, on est jeunes, ils sont des hommes plein d'inventivité, d'art et d'humour et B. a des yeux bleus et un air tendre et je ne demande qu'à...Un soir, un seul, il sera dans mon lit, sur un matelas une place, au sol, et à quelques encablures dans la même pièce, les fiancés sur un matelas une place aussi. Mais B. ne m'aime pas, j'ai ses cuisses contre mes cuisses, son cou dans mon cou. Mais rien d'autre. Bien sûr je ne dors pas et le lendemain je jette des galets dans la mer, grognon. Fini le plan B. 

Plus de dix ans après, le plan D. a de la classe. Brun, nerveux, intelligent, lui c'est la montagne, pas la mer. Moi c'est comme il veut, je ne suis pas loin de tout vouloir. Un mois plus tard je pars travailler au Cambodge. Mais il est voyageur. Et c'est un ami et l'ami de mes amis. Et je passe six jours en Norvège, chez lui.

Oh comme ce pays est doux ! Tout est facilité et aimable. Les voitures s'arrêtent pour te laisser passer alors que tu n'as même pas encore le pied sur le passage piéton. Tout est calme. Les petits enfants ont des casques pour pédaler sur leurs petits vélos, et en 91 ce n'est pas courant en France ces casques pour cyclistes, pas du tout. Je découvre une société disciplinée et accueillante. Même le Québec paraît brouillon en comparaison. Stavanger est un port croquignolet, le poisson abonde. Les rues piétonnes se remplissent des lueurs de Noël. Dans les boutiques de décorations et de bougies j'ai envie de tout acheter. Un choix époustouflant.

Dans les supermarchés le choix de nourriture me ravit : produits bio à gogo, céréales en pagaille, poissons fumés par tous les bouts, biscuits épicés, laitages géants. J'ouvre des grands yeux sur ce conte de fées. Je suis un lutin qui vagabonde, tout est facile. Près de la maison il y a même une piscine extérieure avec sauna, ouverte de 6h à 22h. L'eau y est très chaude, la fumée s'évapore, j'y vais le matin, nous sommes quatre à y nager sous un soleil d'acier. Il fait entre zéro et un peu moins.

La société propose des jolis chalets en location,  près d'un fjord. Nous y passons la fin de semaine. La neige est tombée, elle monte jusqu'aux genoux. Les monts se reflètent dans l'eau limpide exactement comme dans un miroir, comme sur les photos. Celles que je n'ai pas prises, en ce temps là j'en prenais si peu !
Le chalet est confortable, tout en bois clair, somptueux. Mais D. ne m'aime pas, ne sera pas amoureux. Sous la couette norvégienne, malgré nos essais, ce n'est pas de l'amour qu'il me fait, pas le vrai et nous savons ce qu'il en est. Nous serons donc sincères, je serais donc un peu déçue.

Dans un recoin de chez moi je garde précieusement un vestige de mon novembre norvégien, deux bougeoirs et leur décoration.


"C'est moche" me dit Lui, ici, mais il ne sait pas et je souris. "Non, moi j'aime", je lui dis, têtue, bien sûr. Il ne sait pas ce qu'est ma vie sans lui.
Qu'est-il advenu de moi ? Deux mois plus tard en cette Asie intime je rencontre la passion de ma vie. D. va , lui, nouer une relation secrète avec la femme d'un ami cher. Cela le mène à sa perte trois ans après. Il prend sa voiture et roule dans le vide, sur les routes de France, déchiré. Il fait 500 kms et frappe à ma porte, lyonnaise en 96. Il a des yeux de cocker battu. Nous dînons  au restaurant, tous les trois. Nous deux et lui, si malheureux. Un moment nous sommes seuls. Il me prend la main et me demande
" Alors tu es heureuse ? Ca y est ? Tu es sûre ?"
A ce moment là, je suis sur un nuage de ma vie, l'amour dans la poche, rayonnante je dis
- Oui, oh oui ! Enfin, quel bonheur, enfin avec lui !
- C'est bien, tu vois si c'était à refaire...
Et puis tout bas, marmonnant dans sa barbe qu'il ne rase plus ( il est un errant qui ne se regarde plus dans un miroir ) il glisse  "J'ai sûrement raté quelque chose"

Nous ne savons pas que dix mois plus tard je dois fuir, loin, très loin,  mon amour qui me chasse. Je suis errante à mon tour. Oui, ce sera mon tour d'être perdue. Tournent les manèges, plonge la vie. Plus tard il rencontre la mère de ses deux filles dont il est gaga  aujourd'hui. 

Plus tard, moi...
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18 janv. 2011

Les valises

Je suis née auprès de gens curieux de tout qui aimaient bouger. C'est ainsi, je suis tombée dedans. Comment cela se passe -t-il ? Petite je devais sentir cette excitation monter au fil des jours, sans doute.
Un genre d'adrénaline.
D'abord on fixe une date et un lieu. C'est comme cela que tout commence.Est-ce que cela s'appelle un projet ? Je ne sais pas. Peut être une destination. Et l'idée qu'on va bouger s'installe comme un démon dans chaque recoin de ton esprit.
Nous allions souvent dans les lieux plutôt amis, connus, familiaux, et sinon j'avais aussi le luxe et la chance de séjourner dans des hôtels ( j'en suis restée amoureuse, enfin ceux qui sont corrects, avec un minimum de confort vital...). Voiture, train, bateau, avion nous prenions.

J'ai toujours été indépendante et solitaire, avec les valises c'était pareil. Je pense qu'à huit ans je n'avais besoin de personne pour les faire et les boucler. Les deux "grands" partis dès leurs dix-huit ans, je me suis retrouvée seule et autonome dans la maison très vite, pour tout et pour voyager itou. J'avais ma propre valise, ma trousse de toilettes. La veille, ma mère venait voir si j'avais besoin de quelque chose ou de quelqu'un. Je n'avais pas besoin. Ma propre valise à la main, je l'amenais devant la porte d'entrée bien avant l'heure de partir. Et pas besoin de me secouer comme un prunier dans le lit pour partir aux aurores. Prête comme un petit soldat. Lavée, habillée, guillerette, impatiente et silencieuse, observant ces adultes nerveux et inquiets de tout fermer, de tout vérifier et mon père dans la voiture d'énumérer ce que ma mère aurait pu oublier de ses affaires, parce que lui ne faisait guère ses valises seul. Ces hommes là, de cette génération là. Ces femmes là...

 Bretagne sud, de gauche à droite : ma mère, mon père me portant, les deux grands, ma grand-mère paternelle-québécoise.


Moi je venais d'une autre planète. J'en avais eu confirmation dans un livre de la collection Rouge et or . "Tombée du ciel", c'est le titre. C'est l'histoire de Mo, petite fille tombée d'une planète nommée Asra, et recueillie par des enfants terriens. Mo a un très beau collier de perles grosses et translucides.


Et sur sa planète "On ne pleure jamais" dit-elle aux enfants. 

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1 janv. 2011

Se réveiller dans le Monde

Ce matin 1er janvier à 4h du matin mes yeux sont ouverts, ou bien c'est mon esprit. Il vagabonde.
Je pense à mon amie du Pacifique Sud pour laquelle la journée est en plein : 10 heures de plus.
Je pense aux amis des Amériques, des côte Est ou Ouest ( un autre Pacifique...) pour lesquels c'est la nuit et c'est encore hier : 6 heures minimum de moins.


Des petits atolls finissent leur jour dans les océans verts pendant que je petit dejeûne. Ces décalages horaires me cassent quand je vais vers eux, d'un côté comme de l'autre de l'horloge. Tu es zombie pendant deux jours.

A Montréal avec I. dans son bed and breakfast, cela ne la dérangeait pas, au contraire. On se retrouvait une tasse à la main dans la nuit québécoise à regarder le petit jour et à prendre le frais avant que la chaleur d'aout nous colle sur place. Et même ensuite, très souvent, sans doute à cause de cette chaleur à venir, sans doute à cause des insomnies de mon amie et sûrement parce qu'on ne s'était pas vues depuis 25 ans, chaque petit matin nous étions ensemble entre terrasse et jardin, son café italien fumant dans la cuisine.
L'unique autre personne hébergée là dormirait jusqu'à 9h bien  passés. Il était entrain de s'installer à Montréal et de chercher un appart, un condo. Charmant "pur british" et alcoolique, il rentrait toujours très très tard le soir, et on ne risquait pas de le réveiller. 

Seule Maya, la chienne de mes rêves, sur laquelle j'ai pleuré en partant, nous rejoignais, toute heureuse.
Le jour se levait, tendre, dans le jardin de la belle maison située près de l'université UQuAM, l'Université du Québec à Montréal.  Je ne sais plus s'il y a le U dans ses initiales que tout le monde connaît comme du petit pain, comme du bagel, comme des donuts. 




Se lever tôt en vacances et être prêt à vadrouiller, à ne rien faire, le corps libre sans destination, sans destinée autre que tout dévorer en pleine face, tout retenir et puis tout laisser tel quel derrière soi.
Vagabonder comme chez soi et dans cette ville qui est comme une mère et une soeur pour moi. Qui trouble de ses mystères, de ce passé familial que je ne connais pas, de cette grand-mère née là, de ses soeurs, de son père aventurier sur les bords, parti vers 1870 ou 80 ? pour ce continent qui promettait la lune.


Moi je me vois avec eux dans les hameaux devenus villages au bord du st Laurent où naquit cette famille . De bois, de boue, de feux,  d'hivers et de moustiques. De chevaux et de poneys, d'usines nouvelles où cet arrière-grand-père travaillait, de premières locomotives crachotant leurs fumées et de peuples premiers (comme on dit si bien là-bas) assassinés.
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24 nov. 2010

Les cartes qu'on garde



Des travaux chez moi m'ont obligé à dépouiller un mur de sa mosaïque de cartes postales. Pas toutes passées par la poste, d'ailleurs, certaines ramenées en trophée, comme des photos.




Mon chat adore que j'étale des paperasses au sol


Et moi je regarde ces instantanés de vie, d'autres mondes possibles. Je ne suis pas allée dans tous ces lieux, pas tout à fait.
Mais ils ont le goût de la nostalgie, ils évoquent des souvenirs puissants. Ils chantent, ils appellent.





La Corse, la Bretagne. Je les mets au même niveau, au Top du niveau.
La mer normande, celle de l'adolescence et des amis. Tant de beaux jours. Les falaises qui plongent dans la mer. Les gris, les bleus, les ocres de la terre qui tombe dans l'eau, d'en haut.
Montréal sous toutes les saisons mais que je ne connais qu'en été et automne. Il faudra donc...
San Francisco, ta ville, Maya, grâce à toi je l'ai découverte. Et quelle ville ! Et ses côtes, le "Pacifique" si mal nommé, comme dit Madame Groult ! Car il enrage, il fouette, il décoiffe. Là-bas, il m'a épatée.
Les groupes ethniques de Thaïlande. Pour ne jamais oublier à quel point des personnes vivent tellement autrement que nous. Je veux toujours les avoir sous les yeux.
Vanuatu et l'autre Pacifique d'une autre amie, pacifique et chaud ce sud là. Des échelles de bambous fabriquées pour s'y jeter, le saut à l'élastique en ses origines ! J'ai aussi la Tasmanie d'Allison, mon australienne. De ces îles incroyables, peut-on rêver plus au bout du monde ? Perdue de vue, perdue d'écriture cette A. là. Pourtant quelle femme !! Trop loin ?



Est-ce qu'on a tous chez nous un puzzle de bouts du Monde ?
J'ai une vraie affection pour les images. Je rêve en les voyant, je me projette dedans, je sors de chez moi, je suis une autre. 
Est-ce qu'on aime ça ?



Le chat avec ses pattes fait son choix, comme on laisse voguer son doigt sur une carte ouverte.

12 mars 2010

Le gain,la perte, la chance à saisir

Le gain et la perte, c'est l'histoire de toute vie, de toute une vie.
Tout est affaire de regard.
L'Homme est ainsi fait que les pires douleurs peuvent souvent l'amener vers les grands bonheurs.
Je le crois. Je le vois.
Il y a deux ans j'ai perdu le dernier parent qui me restait et c'est vraiment une aventure et pas seulement triste, non, pas du tout...

Pour moi, je vais vous dire, c'est une page qui s'est tournée et tout le livre qui s'est ouvert.
Un jour voilà les deux, et le père et la mère, partis se rejoindre.
Et voilà l'enfant et voilà l'adulte sans parents, face à lui-même.

C'est une chance, c'est une occasion à prendre dans la vie, c'est comme cela que je le vis.

On se retourne derrière et on voit différemment
Et devant plus rien n'a la même allure.
Ce qui paraissait pressé ne l'est plus
Ce qui paraissait loin est tout près
Ce qu'on ne voyait pas se trouve là
" Mais regardes, regardes donc !"
Cela peut être doux et surprenant
Cela peut faire peur et te mettre
le nez dans le mur
" Ah Paf ! J'avais pas vu !"

Là où on se taisait on va dire
Là où on braillait comme un âne (qui croyait pouvoir leçons donner)
On va se taire.
Se taire, pour moi, c'est le plus difficile mais que c'est bon d'apprendre !

Apprendre, apprendre,
Apprendre de cette chienne de vie
Je crois qu'il n'y a que cela qui compte pour moi
Et s'en aller ensuite gambader des quatre pattes en sautant en l'air
Pour la frousse lui coller si elle te fout par terre.

" Et Vlan la vie, fais gaffe ! Je t'avais déjà à l'oeil mais là, crois moi, 
regardes moi bien en face,
t'es pas prête de m'oublier..."

   Cliques voir la bergeronnette sur mes quais...

















                                                                                                             Lôlà...                                                                                                 

5 janv. 2010


Au bord de la nuit
Ame à la vague
Je suis restée
Vous m'avez souri

Malou sous la lune 2010

19 nov. 2009

Kriss, la voix, les belles choses, les rencontres.

Kriss, la voix, les belles choses, les rencontres qui vous font et vous transforment.
Les yeux ouverts, les sourires, apprendre, apprendre, grandir.
Kriss, son émission "crumble" de ces dernières années et toutes ses autres émissions sur France Inter depuis quasi 30 ans.
Kriss, merde, t'es partie.
La radio qui nous tient chaud au coeur et ceux qui la font et deviennent comme des amis, comme un livre, une musique, une chanson, les mains qui nous prennent, nous accompagnent.

La vie à bouffer par les quatre coins,
moi je vous le dis.
Maintenant et tout de suite.


Lôlà

14 nov. 2009

Leon

Ce matin j'ai encore rencontré Léon. Bon, alors faut que je vous en parle et ce n'est peut être que le premier épisode, va savoir...

Depuis cet été Léon fait partie de ma vie. Cravate, gilet, costard, chapeau, lunettes et petite moustache grise, Léon, 73 ans est toujours beau.
Petit et tout sec, il arpente à pied la ville ( pas bien grande...) et toutes les campagnes avoisinantes.

Parfois 20 kms par jour, il taille la route, Léon, comme au temps d'avant les voitures.
C'est sa survie à Léon depuis que sa femme est morte. " Il y a deux ans, cinq mois et dix-huit jours " qu'il m'a dit la première fois qu'on s'est rencontrés.
C'est le décompte de sa vie-de-maintenant à Léon

Je l'ai croisé pour la première fois cet été, j'étais là, à prendre le soleil et des photos du fleuve. Il était assis sur un banc, comme souvent.
On s'est parlé longuement, d'abord pour dire bonjour et puis, après, de tout le reste, de sa vie à lui, bien sûr.


Léon à 5h du mat il prépare ses repas de la journée. Entre 9h et midi il marche et encore ensuite entre 14h et 18h. Il s'arrête sur les bancs, il fume son cigare.

Et moi je passe, et voilà, ici ou là, on cause. C'est la quatrième fois que je discute avec lui. Il me raconte sa vie. Je lui donne de l'en-vie, je l'encourage, on partage.


Aujourd'hui on a parlé de sa tambouille, de ses courses, de son frigo et d'hier où le moral n'y était pas trop.

Il m'émeut Léon, il est comme nous, comme moi, au fond.
Des fois ça va bien, des fois moins.

Il ne veut pas baisser les bras, malgré tout.
Le moindre sourire lui réchauffe sa journée et une petite causette , alors là !!


On s'est promis de se boire un café la prochaine fois.

Je l'aime ce Léon. Il sourit, il te regarde droit dans les yeux, se plaindre c'est pas son truc. Pourtant, au delà du sourire, on la voit bien la vie et ses morsures.


Quand on se dit au revoir à chaque fois
on se dit
" Ben, je suis bien content(e) de vous avoir rencontré !"
Et c'est vrai.


Lôlà

P.S : Et vôtre Léon, à vous, il est comment ?

Vous savez, là, sur ce banc, avec ses yeux d'enfant
qui ont encore tellement à dire...






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12 nov. 2009

Dansons !

J'ai emprunté en Médiathèque deux livres de photos de danse, avec l'envie de faire des croquis. J'ai découvert des photos qui m'ont enchantée alors je voulais vous en montrer un peu.



















Quand je dis "Danse"
Je ne pense pas à quelque chose
de sophistiqué ou d'inaccessible.

Je dis

Liberté
Joie

Emotion


Je dansais petite, je dansais plus grande.
Je danse dans mon salon sans âge et sans façons.
Dansons !



Lôlà.



Photos de Guy Delahaye
Compagnies Pina Bausch et Angelin Preljocaj

30 oct. 2009

On peut marcher sur les nuages même avec le coeur lourd


C'était dans un endroit vraiment pas drôle.
Dans une chambre d'hôpital
quatre vieilles dames étaient au lit pou
r le restant de leur vie.
C'est ça qui fait que je veux vous raconter cette histoire, pour vous dire que même le coeur lourd on peut marcher sur les nuages.

Une fée venait souvent leur parler. Elle chantait, elle amenait des bouquets de la forêt voisine. Marguerite, la seule à tenir assise, tapait des mains et on rigolait bien.





Pour pré
parer Noël, la fée venait avec ses couleurs, ses pinceaux, et peignait sur les baies vitrées. C'est là, en fait, qu'elle devenait fée.
Elle fermait la porte pour être seule avec elles quatre. Elle peignait des animaux, des arbres, des lumières,
et la dernière fo
is qu'elle est venue elle a peint cette fée, avec son lampion et ses lucioles.

" Elle a des grands pieds !! " a dit l'infirmier.

Marguerite a tapé des mains et on a bien rigolé.

A chaque fois qu'elle peignait
il se passait quelque chose de magique.

La chambre devenait tapis volant.
Tout n'était que silence et amour.
Toutes les cinq transformées en papillons et étoiles ne faisaient plus qu'un, un seul coeur léger. Une émotion immense et profonde. Non pas une petite étincelle, non, un vrai voyage pour de bon. Un trésor inestimable, un secret, un cadeau.

Le temps n'avait plus cours, l'éternité en partage.
La fée était aux anges, bouleversée.

Voilà, c'est comme ça que ça s'est passé, et que, même le coeur lourd, j'ai marché sur les nuages. Depuis, bien sûr, vous vous en doutez, bouleversée je suis restée.
Et depuis, bien sûr, c'est évident, tout est différent.

Lôlà.
Illustration de Gaelle Boissonnard.


12 oct. 2009


Quand le soleil d'automne frise le rocher...c'est chez moi, en bord de mer, ce jour grande balade éblouie
Malou

5 oct. 2009

Comme un grand



Le petit garçon était tout frêle et comme la mer était loin ! Il était sur le sable, tout en haut de la plage. Comment faire pour remplir d'eau son seau ?
C'est un bout de chemin, immense.
Je l'ai vu prendre son courage à deux mains.
Avec son seau et son tee-shirt rouge il a marché tout droit , silencieux, sans se retourner.
D'abord hésitant, apeuré, je l'ai vu se redresser et ne plus regarder ses pieds, mais relever la tête pour regarder devant, loin.

Et face à l'horizon, arriver, comme un grand.

2 oct. 2009

Murmures


C'est le temps des murmures...Entendez par là le temps d'automne, les feuilles qui tombent doucement, le moment où les mûres sont pleines de soleil: voilà! trois kgs récoltés hier sur la colline vue sur la mer jaune d'or; confitures rouges , un doigt dedans.