De loin, elles. Ceux qui ne savent pas combien on les aime.

J'avais un peu plus de vingt ans quand elle est née. Cette nièce n'était pas la première mais elle aurait une histoire particulière.

Sa maman était voyageuse et elle était devenue une amie aussi, presque une grande soeur car elle et moi et mon frère on avait cohabité pour ma dernière année de lycée.
Elle a fait ses bagages et vécu seule au Vénézuela avec sa fille, toute petite. Puis au Canada, elles ont construit une famille avec un vrai papa et deux autres filles sont arrivées. Des splendeurs elles aussi.

Je n'ai plus jamais revu ni cette mère ni cette fille qui porte un morceau de mon nom aussi.

Je les portais en mon coeur, ma mère et ma soeur aussi les portaient, les aimaient, même sans nouvelles.

Et puis cette amie lointaine, mère d'une nièce, un jour m'a téléphoné. Sa fille avait vingt ans et voulait passer en France voir cette partie là de sa famille. Pourrais je la recevoir ?
J'ai cru tomber par terre mais j'étais déjà assise sur la moquette avec mon coeur au plafonnier, éclairé.
Je suis allée la chercher à la gare, c'était il y a dix ans. On a bu en terrasse. Elle est belle, elle a un sourire à mordre dedans. Elle a une tête remplie et de la gratitude pour tout ce qu'elle voit.

Depuis, elle a quitté Montréal pour vivre à Londres. Il est beau aussi son aimé, son amoureux. Sur facebook leurs photos font chaud.
C'est pour elle et pour ses soeurs et pour leur mère (que j'ai revue il y a quatre ans ...pas vue depuis 25 ans !) que je me suis mise sur facebook. Elles ne sont pas du genre à écrire, elles ne répondent jamais aux courriels. C'est comme ça.

Et puis il y a deux jours elle m'a demandé mon numéro de téléphone. Et hier j'avais sa voix sur le répondeur. Sa voix.
Zut, je n'étais pas là. " Je rappelerai demain" a-t-elle dit.

Et demain c'est aujourd'hui.
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