Leon

Ce matin j'ai encore rencontré Léon. Bon, alors faut que je vous en parle et ce n'est peut être que le premier épisode, va savoir...

Depuis cet été Léon fait partie de ma vie. Cravate, gilet, costard, chapeau, lunettes et petite moustache grise, Léon, 73 ans est toujours beau.
Petit et tout sec, il arpente à pied la ville ( pas bien grande...) et toutes les campagnes avoisinantes.

Parfois 20 kms par jour, il taille la route, Léon, comme au temps d'avant les voitures.
C'est sa survie à Léon depuis que sa femme est morte. " Il y a deux ans, cinq mois et dix-huit jours " qu'il m'a dit la première fois qu'on s'est rencontrés.
C'est le décompte de sa vie-de-maintenant à Léon

Je l'ai croisé pour la première fois cet été, j'étais là, à prendre le soleil et des photos du fleuve. Il était assis sur un banc, comme souvent.
On s'est parlé longuement, d'abord pour dire bonjour et puis, après, de tout le reste, de sa vie à lui, bien sûr.


Léon à 5h du mat il prépare ses repas de la journée. Entre 9h et midi il marche et encore ensuite entre 14h et 18h. Il s'arrête sur les bancs, il fume son cigare.

Et moi je passe, et voilà, ici ou là, on cause. C'est la quatrième fois que je discute avec lui. Il me raconte sa vie. Je lui donne de l'en-vie, je l'encourage, on partage.


Aujourd'hui on a parlé de sa tambouille, de ses courses, de son frigo et d'hier où le moral n'y était pas trop.

Il m'émeut Léon, il est comme nous, comme moi, au fond.
Des fois ça va bien, des fois moins.

Il ne veut pas baisser les bras, malgré tout.
Le moindre sourire lui réchauffe sa journée et une petite causette , alors là !!


On s'est promis de se boire un café la prochaine fois.

Je l'aime ce Léon. Il sourit, il te regarde droit dans les yeux, se plaindre c'est pas son truc. Pourtant, au delà du sourire, on la voit bien la vie et ses morsures.


Quand on se dit au revoir à chaque fois
on se dit
" Ben, je suis bien content(e) de vous avoir rencontré !"
Et c'est vrai.


Lôlà

P.S : Et vôtre Léon, à vous, il est comment ?

Vous savez, là, sur ce banc, avec ses yeux d'enfant
qui ont encore tellement à dire...






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