Se réveiller dans le Monde

Ce matin 1er janvier à 4h du matin mes yeux sont ouverts, ou bien c'est mon esprit. Il vagabonde.
Je pense à mon amie du Pacifique Sud pour laquelle la journée est en plein : 10 heures de plus.
Je pense aux amis des Amériques, des côte Est ou Ouest ( un autre Pacifique...) pour lesquels c'est la nuit et c'est encore hier : 6 heures minimum de moins.


Des petits atolls finissent leur jour dans les océans verts pendant que je petit dejeûne. Ces décalages horaires me cassent quand je vais vers eux, d'un côté comme de l'autre de l'horloge. Tu es zombie pendant deux jours.

A Montréal avec I. dans son bed and breakfast, cela ne la dérangeait pas, au contraire. On se retrouvait une tasse à la main dans la nuit québécoise à regarder le petit jour et à prendre le frais avant que la chaleur d'aout nous colle sur place. Et même ensuite, très souvent, sans doute à cause de cette chaleur à venir, sans doute à cause des insomnies de mon amie et sûrement parce qu'on ne s'était pas vues depuis 25 ans, chaque petit matin nous étions ensemble entre terrasse et jardin, son café italien fumant dans la cuisine.
L'unique autre personne hébergée là dormirait jusqu'à 9h bien  passés. Il était entrain de s'installer à Montréal et de chercher un appart, un condo. Charmant "pur british" et alcoolique, il rentrait toujours très très tard le soir, et on ne risquait pas de le réveiller. 

Seule Maya, la chienne de mes rêves, sur laquelle j'ai pleuré en partant, nous rejoignais, toute heureuse.
Le jour se levait, tendre, dans le jardin de la belle maison située près de l'université UQuAM, l'Université du Québec à Montréal.  Je ne sais plus s'il y a le U dans ses initiales que tout le monde connaît comme du petit pain, comme du bagel, comme des donuts. 




Se lever tôt en vacances et être prêt à vadrouiller, à ne rien faire, le corps libre sans destination, sans destinée autre que tout dévorer en pleine face, tout retenir et puis tout laisser tel quel derrière soi.
Vagabonder comme chez soi et dans cette ville qui est comme une mère et une soeur pour moi. Qui trouble de ses mystères, de ce passé familial que je ne connais pas, de cette grand-mère née là, de ses soeurs, de son père aventurier sur les bords, parti vers 1870 ou 80 ? pour ce continent qui promettait la lune.


Moi je me vois avec eux dans les hameaux devenus villages au bord du st Laurent où naquit cette famille . De bois, de boue, de feux,  d'hivers et de moustiques. De chevaux et de poneys, d'usines nouvelles où cet arrière-grand-père travaillait, de premières locomotives crachotant leurs fumées et de peuples premiers (comme on dit si bien là-bas) assassinés.
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