6 août 2020

Dans le cahier

Dans le carnet-cahier de mes angoisses rien, des visages peints, des taches de couleurs sur une page à petits carreaux.
Dans le cahier de mes angoisses, bien couvert et décoré, j'ouvre, hier matin, la page emplie taches.
Je prends deux tubes d'huile, de vieux tubes qu'une amie m'a donnés, qu'elle a récupérés auprès d'une autre personne dont la mère était artiste. Que faire du matériel quand on vide une maison ?
A l'école d'art, nous avions eu, il y a quatre ans, un don d'une femme qui vendait la maison de sa mère artiste décédée. Des cartons de grenier, du matériel ancien, des tonnes de merveilles qu'on a toutes gardées.

Parmi ces tubes qui ont connu une autre vie, une autre personne, je prends le bleu et le vert.
Avec mes doigts je les étale sur la page à petits carreaux,  durant le petit déjeuner dans mon atelier, sur le fauteuil en osier.

Auparavant j'ai esquissé un oiseau.
Je l'entoure de peinture.




Je n'écris rien sur "le cahier de mes angoisses".
Je croyais mais non, c'est gribouiller qu'il me faut. Je ne sais même pas si je mettrai des mots.
C'est dans le geste vacant, confus, spontané, que mon intérieur se dilue.


Ce matin je me suis réveillée dormant sur le côté, recroquevillée. Enserrant des rêves tordus, profonds, saisissants. J'ai rêvé de ceux qu'on quitte. Qu'on repousse. Qu'on évite. Ils tombaient et voulaient me voir. Un rêve prétentieux, sans doute, qui m'a broyé le cou. Je suis maintenant réveillée, debout, avec une petite douleur à la base de la nuque.

Hier je me suis vue un peu voûtée, passant devant la baie vitrée.
Toujours penser à se redresser.


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29 juil. 2020

Et d'une fait l'autre



Une voix à la Barbara Carlotti

Une force

Merci





Il y a ici une seule personne qui passe et lit et me le dit.
Au fil des années, on se dit, qu'un.e seul.e peut faire la différence sur tout, que le nombre ne justifie plus rien, que l'absence de rimes, le silence des confrontations n'est qu'un mirage et qu'une personne suffit à faire un sens.
C'est ainsi la vie.
Que plusieurs on peut vivre, que beaucoup on peut taire, que rejeter on peut, que tant de choses on sait faire, on savait faire et puis le temps joue en un précipité des fondements. Impétueusement. On a une tête bien trop montée au galop, à force de regarder loin, on ne sait plus compter et prendre.

Ce que l'un fait des autres, ce qu'une suffit, ce que tour à tour on aimera vivre.



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24 juil. 2020

Collages

Coup de coeur dans un article de Pratiques des Arts
Pour cette artiste et les collages présentés.

On peut cliquer sur les photos pour mieux voir.




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Tandis que j'ai finalisé l'oiseau que j'enverrai à l'ami en peine.
Perdre sa moitié, c'est perdre un bras, une jambe, une moitié de coeur.
Puis passé l'hécatombe, l'aimé revit à nos côtés, chaque jour, il faut trouver les mots, une paix pour l'accueillir, fort et invisible, se fondre dans l'unité.
  Ce n'est pas toujours aisé.
L'absence est éternelle.


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Sur la table de travail, aussi...





Merci à toi qui passe et pose un regard.

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Des diamants purs


Chaque jour avant 8h il existe des diamants purs de quelques minutes.
Ils sont glissés entre de la médiocrité radiophonique quotidienne, des informations plates et racoleuses, et percent alors tout, m'emportent comme des fusées. 
Diamants précieux et trop courts ils éclatent à mes oreilles puis s'incrustent dans mes neurones et mes sensibilités avec d'autant plus de bravoure, d'évidence, une puissante brute.

Un travail exceptionnel de la part de S.Tesson et du producteur complice.
Des phrases percutantes, enflammées, des frappes chirurgicales, denses, sans appel.
Tout est extraordinaire à mes oreilles.

Quelques minutes de cette beauté et l'heure sonne, il est huit heures et le journal des informations revient, plat et sans sens, car on est déjà parti, on est loin, à la fois rêverie, souffrances, passion, errances d'un être double et triple qu'était Rimbaud, perdu d'avance, droit dans le mur, la plume sublime acharnée, totalement à contre temps de son époque.
Perdu d'avance, plus rien à perdre sauf une vie à arracher, vite.


https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-rimbaud


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22 juil. 2020

L'ange

Je sors du boulot
Là haut Oh sur la colline légère
La vue est romantique puissante féérique
Je laisse les fillettes heureuses, de moi, de nous

Je mets la radio
Parfois je ne la mets pas
La première année tous les soirs

Je mets la radio sur un soir d'été hier soir
Lui lui lui
La perfection entre les mots et la musique
Je roule dans les virages
Lui lui lui
Entre chaque fois directement comme chez lui
Et je ne suis plus seule

Et je chante chante chante
Comme chez lui comme chez moi
Comme chez nous

Plongée dans la félicité
L'oubli de tout ce qui fâche et assombrit
Sur un nuage
Dans ma voiture je chante
Avec Lui, lui, lui


Eicher Stephan, l'ange dans ma vie.





19 juil. 2020

Encres et autres



En ce moment sur la table basse du salon, atelier-nomade de l'été, mon bureau plein sud étant impraticable...


Des oiseaux d'inspiration Violaine Fayolle






Et une peinture qui partira en Asie, consoler l'ami esseulé


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18 juil. 2020

Le furtif




C'est un furtif


Un furtif est un être magique, inventé par le cerveau en ébullition d'Alain Damasio dans son dernier livre Les Furtifs

Un livre-test. Tu craques avant la quarantième page ou avant la centième
Ou tu es pris.
Cuit.
Rares sont les livres qui me prennent et m'emmènent ainsi

Je crois que cela tient à l'amour des personnages.
Tout comme dans les séries, les feuilletons d'autrefois. Si quelque chose se passe entre eux et moi, je suis prête à tout, je veux savoir et continuer avec eux.

Un furtif est un être hybride.
Il se forme, se retransforme, se greffe à ce qu'il cotoie : animal, humain, objet, matières, sons, sensations, fibres, air, voix, chair et os, mélangeant en lui, pour se recréer sans cesse et se protéger, le vivant et le non vivant. Il prend une forme-mosaïque de tout cela, une forme qui peut changer en un dixième de seconde.
Quand il meurt, quand par malheur un humain arrive à le regarder, le voir, ce qui est un exploit, alors il se désintègre et se fige en une statue, tout en lançant au mur un genre de graff hiéroglyphe.

On apprendra, à la fin, que ce signe cabalistique que personne ne décrypte, contient en fait l'immortalité, parfois.

Dans le livre Les Furtifs, un père et une mère ont perdu leur fille.
Elle s'est transformée, mi humaine, mi furtif, elle est la première de ce genre.
Dans un monde proche du nôtre mais totalement engagé dans l'intelligence artificielle dominant la vie des humains, qui sont des produits, des clients, des soumis se pensant heureux, bien protégés, chacun sa caste.

Bien sûr certains cherchent à vivre autrement, se rebeller, contourner la domination permanente des merveilleux outils que l'humain a créé pour une vie plus sûre, bien cadrée et pleine d'atouts pratiques, une vie plongée dans le virtuel dès l'enfance. Inconcevable sans les technologies avancées.







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