11 nov. 2011

A l'hôtel du chat

J'ai rêvé de mon chat. Le Couli qui agonise à la maison depuis lundi, officiellement depuis lundi. C'est le véto qui nous a plongé dans la détresse avec des examens de sang. Je hais les vétos.

Mais cette nuit c'était belle vie. J'étais nomade de métier, j'allais d'hôtel en hôtel dans une belle ville de bord de mer. Je rêve souvent de cet endroit et je garde un doute : y suis-je allée dans la réalité ? Il me semble qu'elle recoupe plusieurs endroits, des criques normandes, des rues du Havre à Sainte Adresse ?, une ville en pente vers la mer, des lacets pour accéder aux plages sauvages et fouettées par le vent. Oui, cet endroit me connaît, quelque part dans une vie, quelqu'une parmi les miennes.

Je dois quitter un hôtel, ce n'est pas marrant. Etre clochard céleste a des désavantages quand on n'a pas de porteur. C'est le bordel des sacs sur des perrons. Un autre hôtel à proximité m'accueille. Celui là aussi est récurrent dans mes rêves. Et dans la vie ? Il est plutôt exotique, voire asiatique tendance Bombay ou Bangkok. Un grand hall, puis des escaliers originaux, en bois et  larges colimaçons, et plusieurs paliers pour accéder aux chambres.

Là, dans le hall, presque installé dans un fauteuil, Couli m'attend avec son adorable  triangle de poils blancs au cou, presque une cravate dans ce lieu simple mais distingué. Ah tu es arrivé !, très bien, lui dis-je et il vient vers moi à pas dignes et hauts sur pattes. Nous allons prendre la clé de notre chambre et Pépito, son frangin, le deuxième chat de la maison ( et celui là va bien) nous rejoint aussi, il attendait un peu plus loin. Au bar de l'hôtel peut être, car c'est un boulimique et a dû chiper des cacahouètes.

Ainsi je me réveille, heureuse de cette vie de rêve. Je veux garder l'image de cet hôtel et de cette ville, avec ces rues vers la mer et mon Couli en pleine vie, en pleine forme, qui m'attend pour aller chercher la clé de notre vagabond de logis. Oh La belle, belle, vie !
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9 nov. 2011

Les chats qu'on aime

Mon chat va très mal, je l'ai écrit ici
Rien d'autre ne compte évidemment
Toi qui n'as jamais été proche d'un chat, en osmose, en joies, en âmes mêlées, je t'envie aujourd'hui. Tu ne connais pas la douleur de les perdre.

Il faut croire qu'en amour, quel que soit l'être aimé, quelque soient le nombre de pattes, d'oreilles, de poils, il faut croire que la douleur est proportionnelle à l'amour donné et reçu. Et le chagrin sans pitié, te dévore de la tête aux pieds.
La tortue légère ne mange plus, pleure de tous ses yeux, avec et sans ses lunettes. C'est comme ça qu'elle aime.

De ce qui remplit, fait vivre et mourir, on ne peut se protéger .

4 nov. 2011

En pluies dans ma bouche

Cette nuit le vent n'a pas molli, force sud sud-est avec tempérament et chats roux, et un bruit fort claquetant dans la cheminée, clapotis non encore définis à vous réveiller un buffle mais Lui ronflait. Comment font-ils, les hommes pour être des hommes ?

Pluie sans mollir, de fermes à agitées, réellement en partouze dantesque sur ma terrasse couverte mais néanmoins trempée jusqu'à la petite culotte , c'est à dire à la limite, tout au fond de la dite terrasse, où sèche le bois . On a frôlé l'apocalypse ? 
Non on  avait déjà nagé dedans, en soirée, en découvrant, Horreur !, qu'un chat un peu malade avait fait ses besoins sur le tapis pakistanais tout neuf, tout resplendissant. J'ai râlé sans discontinuer en nettoyant à coups d'éponge, de savon, de chiffon, et de détachant chimique que l'ancienne propriétaire avait laissé. Qu'elle en soit remerciée même si, en règle générale, elle n'a quasi rien laissé d'intéressant, au contraire. Mais j'arrête de râler. Ceci dit je suis entrain de prendre la ferme décision de ne plus avoir de chats après ces deux là. Lui ne dit rien mais pense le contraire. 

C'est ainsi que nous partîmes faire les courses vers 11h, grand parapluie en main. J'ai eu des envies de palette de porc, fumée ?,  pourquoi pas. La dame du rayon charcuterie m'a convaincue. Vous n'avez pas plus petit ? Non, elle a dit. Inconsciente je suis devenue, emportant ce gros bout de porc. Et ça se garde bien hein ? Y'a intêret.

On est revenus avec des projets culinaires, en premier lieu un cheese-cake avec des "carrés frais G....". Mon père les aimait, je me demande pourquoi. Je n'y ai jamais gouté. Tout ce qui est mou et provient de la vache me donne la nausée. Mais je veux faire un cheese-cake avec. J'ai un souvenir de celui de P., ma coloc d'un temps, au Laos. Elle avait acheté un fromage occidental, genre brie ou je ne sais pas. Elle ne m'a rien dit. M'a présenté le gâteau tout frais qui était un délice. Je n'en n'ai jamais mangé d'aussi bon. 

Pourquoi cela me rappelle-t-il le dernier carrotcake dégusté sur le Marché J.Talon à Montréal ? De ces gâteaux anglo-saxons que je ne sais pas encore bien faire, rien à voir avec the Original. Ma part était si grosse en cet été 2007, seule attablée au restaurant-café, avec vue sur le marché ( magnifique endroit, de tout ce qui se mange, de partout, de quoi y passer ta vie), je n'ai pas pu finir. Une part d'ogre. Je voulais que ma vie s'arrête en ce lieu béni . A une table de café, avec le goût sucré du gâteau en bouche et derrière la vitrine toute la vie du monde, des montagnes de fruits et de légumes, des ananas épluchés à la minute  devant toi dégoulinant de leur miel.

Il faisait beau, tout était parfait et moi inconnue autant devant que derrière la vitrine, avec à peine cette pointe de nostalgie que te donne la certitude de l'unique, du précieux, qui va à nouveau changer d'adresse dès que tu te lèves pour sortir, et qu'il faudra encore aller chercher autre part, alors qu'elle était là. Elle. La fin en soi. La suffisante.
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Tiens, il re pleut..
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31 oct. 2011

Les tortues ont des zieux

La tortue a des ailes, ça tu le sais. Ce sont aussi les amies qui les lui donnent. Quand la tortue légère ne voit plus ses amis, elle perd sa plume. "Voir" tu sais c'est même de loin hein ?

 La tortue légère voit au travers des nuages, des distances, elle coupe les montagnes par le haut, elle entre dedans et glisse dans les tunnels magiques et elle arrive chez toi. Elle voit. Les amies sont comme cela.

La tortue a des ailes et des yeux. Là c'est plus compliqué parce que les lunettes tombent de son nez. En plus les ophtalmo de tortues ailées ne prennent rendez-vous que tous les trois ans. Y'a de quoi verser des larmes de crocodiles. En ce moment la tortue étudie le problème. Devant l'ordinateur ses yeux piquent comme une soupe thaïe. Le soir, au lit, lire est trop douloureux avec ses anciennes binocles. De loin c'est flou, de près ça use les tempes, ça lui colle des migraines légères mais persistantes. 
Elle n'a plus qu'à s'asseoir dans le fauteuil sur son nouveau tapis rouge et bleu et regarder le chat à ses pieds. On dira que ça ira.
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25 oct. 2011

Le sans faute ( remarque c'est pas marrant...)

Bon puisqu'on est gourmands, je te donne mon dernier truc de recette de gateau au chocolat.
Un petit gateau dans un petit moule avec deux oeufs seulement, inspiré au départ de celui de Laurence Salomon...Du tout léger bio, avec purée d'amandes.
Un jour tu y viendras, à la place du beurre tu chercheras des ingrédients...

Le gateau de Dame Salomon met de la confiture en guise de sucre et bat les blancs en neige. A force de le tester j'ai modifié ça, entre autre... J'ai traficoté plein de versions et dernièrement j'ai trouvé THE one.

Tu bats au batteur deux oeufs entiers et 3 cuil. à soupe de sucre. Vroum vroum, faut que ça mousse.
Dans la casserole tu mets 150 gr de chocolat très bon. Tu peux varier : avec des noisettes, chocolat praliné et noir, etc. Je mets un peu d'eau au fond de la casserole. Tout doux. A peine fondu j'éteins le feu je mets une grosse cuill. à soupe de purée d'amandes et 1 cuill. à soupe de crème fraîche.
Je verse ce mélange dans le saladier où oeufs et sucre se sont battus. Je rebats au batteur électrique. Une pincée de sel est possible aussi.

A la fin je sors une petite passoire "chinois" je la mets au dessus de tout cela et j'y verse 2 cuill. à soupe de farine, de riz ou autre. Et délicatement à la cuillère je mélange. Juste ce qu'il faut.
Et hop au four ( qui a préchauffé à 150 degrés) pas plus de 200 degrés...lentement mais comme c'est un piti gato ça va aller vite, méfiance....15-20 mns grand maxi, l'intérieur doit être encore mouillé.

Hier j'ai rajouté de la poudre de noisettes dans la casserole. délicieux aussi.

Non, pas de photo du gateau. Mais j'en mets une quand même. Je viens de retrouver un dossier où j'avais préparé des tas de photos de ce petit dessin, créé pour la tortue légère en ses débuts. Quand je nous voyais célèbres à deux. Elle a roulé sa bosse depuis la tortue, je te le dis !

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D'ailleurs ce matin une angoisse m'étreint. Tu sais quoi ? Je crois  que j'ai créé assez de blogues. Je ne vais pas en ouvrir un nouveau bientôt, c'est impossible. J'en ai fait tellement, j'ai comme épuisé le sujet. Ca me fout un coup, fini d'être enceinte de BBBlog, va falloir assumer les existants et les dormants et ceux placés en détention et ceux cachés dans les placards !! Bouh quelle histoire ! Tiens ça ferait une histoire....

20 oct. 2011

Les pluches en action !

Cheu nous parfois ça bagarre !

Les pluches s'en donnent à coeur joie. Ici Granola et Crousti. 
Grano on l'a en pension depuis des années, sa maitresse ne souhaite plus l'avoir chez elle, ne me demandez pas pourquoi. Elle a quarante ans et moi cinquante passés. Suis-je une meilleure nounou de pluches-qui-ont-vécu ?


Crousti-le-lapin-qui parle et est aussi médiateur de couple, est le maître des lieux. Il a même un compte FB.  Ce jour là, Granola en avait marre d'être toujours dans l'ombre caché. Une lutte de pouvoir. Acharnée

C'est Grano qui a gagné, faut dire que le Crouste avait eu une dure journée, il était allé à la piscine avec nous

 Et l'eau, en fait, c'est pas son truc. Il ne se lave que tous les cinq ans. Rapport à un traumatisme d'enfance.
Pis le séchage c'est vexant, il n'a plus l'air d'un Lapin-qui-cause et mène son monde par le bout du nez.

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C'est la vie ! Pluches ou pas pluche, y'a des moments plus ou moins glorieux !

Depuis il s'en est très bien remis, rassurez-vous.

15 oct. 2011

Chutney d'vie !

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Dans mon cours du matin il y a une nouvelle dame, la soixantaine, une mamie turque absolument adorable et excentrique.

Jeudi elle m'amène un tas de choses fraiches de son jardin dont des tomates cerises vertes.
Que faire ? Confiture ? Chutney ?

J'opte pour le chutney, c'est une première et j'adore cela !

Finalement c'est très simple. Vinaigre, sucre roux, épices à foison dont gingembre, clous de girofle et cardamome en tête. Raisins secs, une pomme, les tomates vertes...Une lente cuisson épaisse, un résultat joli qui me fait trois pots dont deux à offrir sans aucun doute.

Aujourd'hui c'est Son anniversaire, d'un âge qu'on ne dit plus, y'en a trop derrière et plus assez devant.

Tu te rends compte que tu n'avais pas encore quarante ans quand on s'est rencontrés ?
Nooon ?
Si, j'en avais vingt-huit !
Waaahhh.

Non, c'est impensable.

Un polar sur la table de son petit dejeuner. Un tiramisu à faire immédiatement presto. Et du soleil dès le matin, ça c'est cadeau en or. Pas besoin d'attendre midi comme les jours précédents. Tout tout de suite.

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14 oct. 2011

Sauvetage fruitier, le Baco


Dire oui. 
Elle dit : "Mon père a plein de raisin, tu sais c'est du raisin avec lequel on faisait le vin ici". "On va le jeter, t'en veux ?"
- Oui


Je n'aime pas jeter, je ne sais pas d'où cela me sort mais je suis une conservatrice en diable. Donc quand elle me dit cela elle a un petit panier de grappes noires. Puis le lendemain elle en a un immense sac de courses, sans doute cinq kilos je dirais. Un peu pourri au centre, plein de moucherons gavés.

Dégraffer les grappes, des boutons violets sombres de leur corsage, rincer. Dans la cocotte ça mijote, les grains éclatent les peaux. Ecumer, écumer et presser. C'est les vendanges à domicile.

 J'ai failli y mettre les pieds, dans le jardin, mais il faisait trop froid. Re presser, basculer d'une casserole à l'autre. Voilà le jus. Re frémir la noirceur rouge lie de vin. Mettre l'agar agar en dernier ressort, au pif en croisant les doigts de pieds (pas tous en même temps).
Mettre en bocaux. S'étonner de la couleur si foncée. T'ai je dit qu'il a le gout du miel ce raisin, un gout fumé. Jamais vu ça avant.

Voilà j'ai sauvé des fruits d'ici. En Drôme les gens marchent dessus, les abandonnent sur les arbres et les sentiers tant il y en a. Les anciens fruitiers des bords de prés, les anciens pieds de vigne des jardins, on ne sait plus qu'en faire car ailleurs il y a des centaines d'arbres en pleine croissance qui donnent donnent donnent sans compter.

Tiens et si je parlais gourmandise ici ?
Tiens mais je ne t'ai pas dit que ce raisin s'appelle Baco. Je pensais Bako, avec un goût de Sénégal mais non c'est un m'sieur Baco.

Tiens, j'écoute Madame Aubry à la radio. Rien à faire c'est ma préférée.
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12 oct. 2011

Parfois

Parfois les mots sont écoeurants. Ils entravent la tranchée. Ils ne s'aiment pas.
Parfois la vie est brève, un papier volant tenu d'une main.
Et tout s'éclaire quand ça suffit. Aucun besoin de bruit.
Tiens, hier, on m'a donné cinq kilos d'un raisin très spécial. Il a le goût du miel. Il colore en bleu tout ce qu'il touche alors qu'il est noir de prune dans mes bocaux.

Tiens ce matin pourquoi le soleil ne sort-il pas ? Les jours de fête en octobre sont ceux chauds. On se souvient des jours au jardin dans la chaleur tiède. C'est la chaleur douce que j'aime pas la brutale brûlante.

Dans le soleil d'octobre j'ai vu hier les arbres jaunes prendre d'assaut. Mon imagination. Une beauté du monde.
Pourtant hier dans sa chambre de la maison de retraite, l'amie ne sort plus de sa chambre. Je retournerai avec plus de temps lui faire revoir les feuilles qu'elle aimait, les arbres qu'elle connaissait, pour qu'elle n'oublie pas qu'elle est de ce monde.
Pour nous, les vivants du dehors, il parait terne et triste de ne plus être au monde vivant, de se contenter d'un lit et de quelques pas dans un couloir. Finalement je comprends. Ce retrait peut faire partie du vivre, du vivre lent, ne dis pas replié, ne dis pas perdu, ne dis pas fermé. On a l'ouverture qu'on peut au moment où l'on peut et je ne veux plus en juger.
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8 oct. 2011

A zéro mais avec

Oh ben....c'est quoi ici ?
Je n'y comprends plus rien.
Je suis venue dans la maison de Kuturu, j'ai entendu un bruit et puis..je me suis retrouvée dans les affaires d'une tortue légère ! Avec sa robe et ses frous frous fous
Bon cette fois, c'est la fin de tout ?
J'avais trois lecteurs du bout du monde....seront-ils coulés touchés balayés ?

Chic ! On recommence tout à zéro ?
Non, on laisse se faire une belle mort involontaire ?

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PS suite à des manoeuvres de mise à jour via gmail, mon adresse e-mail pour le motu
toutamohamotu
a été supprimée d'office !....Donc, privée d'accès au blog ( et à d'autres choses comme...les album picasa..) !! Bon....Bouh