A l'hôtel du chat

J'ai rêvé de mon chat. Le Couli qui agonise à la maison depuis lundi, officiellement depuis lundi. C'est le véto qui nous a plongé dans la détresse avec des examens de sang. Je hais les vétos.

Mais cette nuit c'était belle vie. J'étais nomade de métier, j'allais d'hôtel en hôtel dans une belle ville de bord de mer. Je rêve souvent de cet endroit et je garde un doute : y suis-je allée dans la réalité ? Il me semble qu'elle recoupe plusieurs endroits, des criques normandes, des rues du Havre à Sainte Adresse ?, une ville en pente vers la mer, des lacets pour accéder aux plages sauvages et fouettées par le vent. Oui, cet endroit me connaît, quelque part dans une vie, quelqu'une parmi les miennes.

Je dois quitter un hôtel, ce n'est pas marrant. Etre clochard céleste a des désavantages quand on n'a pas de porteur. C'est le bordel des sacs sur des perrons. Un autre hôtel à proximité m'accueille. Celui là aussi est récurrent dans mes rêves. Et dans la vie ? Il est plutôt exotique, voire asiatique tendance Bombay ou Bangkok. Un grand hall, puis des escaliers originaux, en bois et  larges colimaçons, et plusieurs paliers pour accéder aux chambres.

Là, dans le hall, presque installé dans un fauteuil, Couli m'attend avec son adorable  triangle de poils blancs au cou, presque une cravate dans ce lieu simple mais distingué. Ah tu es arrivé !, très bien, lui dis-je et il vient vers moi à pas dignes et hauts sur pattes. Nous allons prendre la clé de notre chambre et Pépito, son frangin, le deuxième chat de la maison ( et celui là va bien) nous rejoint aussi, il attendait un peu plus loin. Au bar de l'hôtel peut être, car c'est un boulimique et a dû chiper des cacahouètes.

Ainsi je me réveille, heureuse de cette vie de rêve. Je veux garder l'image de cet hôtel et de cette ville, avec ces rues vers la mer et mon Couli en pleine vie, en pleine forme, qui m'attend pour aller chercher la clé de notre vagabond de logis. Oh La belle, belle, vie !
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