26 févr. 2014

Barouf en stock

C'est curieux le nombre de choses qu'on a à dire sans le dire.
Peut être est-ce juste moi ?
Un sac en vrac qui bout
Une bouilloire qui ne s'éteint pas
Qui quoi me donnera suffisamment de fil à tordre pour que je puisse tout expurger ?

Courte ficelle bras mal chargés corps fiancé avec des trapézistes virtuoses
Affaires non closes non classées débarras en émoi filtre bouché assiégé
Est-ce moi qui brille qui écope qui entend des voix ?

Curieux le nombre de choses qu'on a à dire sans les dire.


.

12 janv. 2014

Chez moi

Reprise des collages

Il faut dire que j'en ai reçu un merveilleux et que cela donne envie
Il faut dire que la fin de l'année était écrasante d'anxiété et qu'il fallait d'abord s'occuper de la vie à garder, de la santé à chérir, de l'amour à accepter sous toutes ses formes, même les moches.

C'est la fée des prairies qui m'a envoyé une deuxième merveille. Elle est de plus en plus douée.




Cela fait un bail qu'on s'envoie des trucs collés et j'ai l'impression que cela a beaucoup évolué et que cette fée s'envole dans les nuages dorés.

J'aime le courrier. j'aime qu'on m'en envoie, peu importe quoi. J'aime toujours.

Merci les amies qui m'ont souhaité l'année, alors que moi je moisissais un peu dans mon jus pas très coloré.

Ce dimanche on dirait que ça me revient. Le soleil chauffe à bloc l'atelier et je me sens heureuse de découper des petits papiers. Comme une retrouvaille.

J'ai pris des photos de mes trois collages qui sèchent et de mes coins secrets.









.


.

Ci-dessous, j'ai ressorti un paquet de cartes que les amies m'ont envoyées. Pour l'atelier d'art postal qui se met en route au boulot.


Les p'tits coins du coeur


.


.



Je ne me sépare jamais de la photo ci dessous.
C'est en montagne dans un village népalais.
En fait, je prenais en photo les crêtes de l'Himalaya alentour. Et dans mon viseur apparaît cet homme comme un lutin. Un homme-arbre caméléon.
Je me dégage de l'appareil photo, et le regarde, il se marre.





Pendant ce temps, ici, vingt trois ans après, il est toujours avec moi. Il y a quelque part des humains qui partagent la terre mais vivent autrement, sur une autre planète finalement. Ce que nous avons en commun. Parfois je me le demande. Et en même temps sans lui dans son arbre, sans lui arbre-homme lutin bandit tout gris, sans lui je ne suis. Je ne suis pas tout à fait moi.

Pendant ce temps, donc, j'écris ici écoutant Vanessa Paradis. Son dernier joli disque tout fabriqué par Mister Biolay. Ces deux CD comptent des pépites, vraiment, vraiment, léger et poignant, très musical, très poétique, amoureusement, papillonement, bulles et pleurs, départs et bonheurs.

.

20 déc. 2013

Noire sur blanc

Cette année elle est incapable de faire des cartes de voeux. 
Il y a des années où ça va tout seul, même si ça ne casse pas deux briques, c'est regardable, c'est rigolo, c'est envoyé.
Cette année rien.

Elle a commencé en avance avec une idée d'objet ficelle et papier.
Rien.

Elle a voulu recycler des cartes classiques qui s'ennuyaient. La plupart sont mortes sans belle mort. Poubelle.

Elle recommence ce matin et s'aperçoit que tout tourne en paté, en bourrique, en caca boudin. Elle arrive même à faire du marron moche qui s'étale sur de belles couleurs.
On se demande. Dans les chaumières, dans les bazars, dans les troquets noirs, dans les cabanes, dans les hôtels, sur les quatre continents, on se demande " Mais c'est pour quand ?"

Il n'y aura donc pas de cartes cette année ? On-ne-Rien-recevoir, des télégrammes sont lancés. Personne à l'étage ni au rez-de-chaussée ? Personne dans la baignoire, personne au bar, personne dans la piscine, bottée touchée. Basse et haute aucune marée. Aucun mariage cette année, n'y a-t-il rien eu, aucun présage.
Est-elle déçue ? En met-elle trop ? Bourre-t-elle son coeur au point de tout dévisager, décolorer, démasquer, renverser patate, poele, oeufs au panier ?

Cette année rien ne sort. Pas de voeux, pourtant aucune rancoeur. Elle n'en veut à personne, ni celle là ni la suivante. Elle n'a pas d'illusions. Elle a chaque jour.

Mais cette année aucun papier ne dit,  ce n'est jamais assez, c'est trop. Trop de couches superposées sur les cartes anciennes recyclées. Pas assez de beauté sur le Canson vierge tout pressé de dire son bonheur. Car bonheur il y a. Et puis dilemme, et puis nostalgies et lourdeurs d'attendre. Et puis n'attendre pas. Il y a les amies qui ne reviennent pas. Il y a ce qui est. Et ne sera. Il y a amour mais elle se demande même, si c'est toujours le même.

Sur les cartes alors rien. Rien  ne passe son péage, rien ne prend son train. Train. Tiens.
Elle enverra des mots. Noirs sur blanc, oui c'est bien ça. C'est exactement où elle s'emmène, où elle veut dire. Noire sur du lisse blanchi et vierge qui va partout et sait recycler la peine, l'inavouable solitude, les extrêmes. Elle a démarré une histoire, avec des personnages et beaucoup de voyages, c'est ce qui la tient. Il a fallu qu'elle en arrive là, encore, il faut toujours arriver si bas.

Elle ne veut pas de cartes, elle veut des rubans, comme ceux des machines à écrire d'autrefois.
.

16 déc. 2013

Toute cette route



.

.


.


.



.


La route est si belle on s'y pousse on s'y laisse
Peu importe l'arrivée on oublie les départs
On repart sur la route aussi belle
Peu importe l'arrivée les nouvelles
On rôde dans le ciel et rose le premier nuage
N'est un nuage pour personne est un message évanescent
Un jeune homme comme avant un enfant
Rose avant le soleil d'avant avant
La route est belle dans ses ombres dociles
On la prend tout est en mouvement 
Dans ma tête tous ses balancements



4 déc. 2013

Nos radios


Emprunté à la médiathèque le dernier Beaupain
Cette vidéo est d'avant
Finalement on s'y retrouve, on est dans la même veine

Sur le dernier " Avant le déluge" ne ratez pas l'avant dernière chanson " Je suis un souvenir" qui est poignante,un bijou.

J'aime la première aussi. D'un amour impossible " Aimer pour deux" et "Je coule" qu'on entend à la radio, enfin sur France Inter. Tu écoutes quoi ?

Radio France fête ses cinquante ans, j'ai grandi avec ses émissions. Je me rends compte qu'elles sont un lien avec ceux que j'aime, rare sont ceux qui écoutent autre chose. Parfois j'aimerais bien essayer mais franchement les pubs agressives ?! C'est pas possible

Au fil du temps les pubs ont un peu envahi France Inter aussi ainsi que les infos trash, crimes et délits quotidiens dont on se fout, enfin qui ne sont pas de l'info pour moi. Cela m'a donné envie, il y a une vingtaine d'années, d'écouter France Culture qui est tout de même un joyau.

Sur France Cu tu te sens respecté, pas pris pour une naze illettrée ni pour une mauviette du ciboulot. Les sujets traités sont innombrables, le nombre de trucs qu'on apprend aussi. Le nombre de sujets trop revêches aussi, mais là tu changes de chaîne, y'a le choix.

J'ai grandi avec France Inter, dans la maison la radio était partout, on écoutait certaines émissions dans un silence religieux. C'était rigolo. Petite tu comprends pas tout mais tu comprends l'idée, le sens, la chose.

Je fus très étonnée le jour où, chez ma soeur pourtant très lettrée, j'allumai la radio et tombai sur un genre de RTL ou RMC. Ils étaient bloqués là dessus, surtout pour les pubs dont ils raffolaient. Je n'ai pas compris comment ma soeur aux oreilles élévées à Radio France comme moi, en était arrivée si bas. Cela m'a fait un choc, comme si nos mondes se distendaient. Je saurais plus tard à quel point, finalement.

Vendredi, de belles émissions d'anniversaire sur mes radios favorites. Une grande absente pour moi ma Kriss, la Kriss quoi. Morte trop tôt, bien sûr. Quel chagrin ce fut !

La radio est le média que je préfère. J'ai rêvé y travailler. J'ai envoyé un C.V en 1982 pour entrer dans la maison ronde. J'aurais fait n'importe quoi, le ménage, les photocopies, mais de préférence les voix de F.I P avec ma Kriss. Raté.

La radio s'insinue partout quand on l'écoute, le pouvoir de la voix, de l'imagination, elle se moule dans le quotidien, tu peux continuer tes petites affaires et écouter, rêver, partir en voyage, faire de la philo, des sciences, chanter, admirer, rigoler. Au Laos en 1996 je n'avais pas de radio. J'avais un poste mais on ne captait rien, c'était la misère. Cela me manquait plus que tout. Vers 6h du mat tout brouillé et tout crépitant je captais du RFI ou de la BBC mais si peu et si court. Frustrant.
Dès que je suis rentrée, un an après, j'ai dévoré, léché, adoré, béni Radio France retrouvée. C'était comme une drogue, un besoin vital, un ami, un confident, un trésor. Enfin retrouvé, enfin chez moi !

.

27 nov. 2013

Les grandeurs allongées

Je vis dans des paysages d'écritures, de traits verticaux majestueux. Des failles s'allongent chaque jour devant moi, lointaines et impossible de les toucher dans les falaises de calcaire que seule l'eau transperce.

Je vis dans des courbes hallucinantes de beauté. Chaque matin je les retrouve des yeux; vertes, bleues, ou noires, blanches immaculées. Les collines croisent les sentiers, les ondes s'allument comme un tissage de matières entrelacées. Ondulations amoureuses, traits de pinceaux de verdure, bosses et tendres courbes que la montagne a épargnées. Nous a laissé ces hamacs de cours d'eau, de prairies, de forêts qui penchent.

Mon paysage pousse à l'envol, invite à le dessiner, comme un accordéon de crayon, étirer sur un papier les corps cachés, endormis, les danseuses évanouies. Mais dès la main posée on sait que c'est imposture, défi de feu, géant de glace qui regarde le tout petit le recopier plein de ratures. Peu importe on garde l'espoir. Chaque jour  une nouvelle pointe de roche dépasse des nuages.



.

25 nov. 2013

Salée

Où sont passées mes larmes , bon sang où ai-je pu les laisser ?
J'ai tant besoin d'elles. Voyons, elles sont des aliées ! Pourtant de mon vaisseau on dirait qu'elles ont délaissé l'abordage.
Je les vois en coin, sur une île qui me nargue. Mais vers moi ne reviennent. On dirait que j'ai tant creusé pour les enterrer. C'est bien malgré moi que cette disgrâce m'assaille.
Où sont passées mes larmes dont je n'ai plus si peur et que je réclame aujourd'hui ? Celles qui bordent la nuit, des canes dans le brouillard, des petits poucets pour faire voir. Je voudrais bien encore qu'elles m'ennuient, me ruinent le portrait et apaisent avec bruit.
Qu'elles viennent et fête je leur ferai. Quand elles partent il fait toujours mieux jour.

.

23 nov. 2013

Divagations ce midi

D'un bouquet sur une petite planche posée verticalement, j'ai fait un animal aquatique à l'horizontal.
Les planches se remplissent et se transforment. Changent de bord, ce qui est dessous sert à ce qui est dessus. Le mélange des couleurs n'est pas toujours heureux. Tous les mélanges ne prennent pas jolie envergure.
 Hier au téléphone je parle à une amie de la vie à deux. Disons qu'au point de départ chacun a son appartement ou sa maison. Et qu'à un moment des vases communiquent, cela fera-t-il un beau bouquet ou un méchant feu d'artifice ? L'amie tente des fins de semaines hors de chez elle, mais "chez lui ce n'est pas chez toi" lui dis-je. Comment ne pas s'ennuyer chez un autre dont on n'a même pas la clé ? Comment ne pas s'ennuyer ensemble en ayant nos clés ? Comment vaquer librement ? Vaquer librement. " Ce que l'un aime, l'autre peut ne pas l'aimer ou pas de la même façon". Et que chacun fasse et aille et aime comme il veut, avec ou sans l'autre : famille, amis, sorties. J'ai l'air de décliner des évidences pourtant, je sais, cela m'a pris du temps moi aussi. Du temps et un autre, un qui comme moi le pensait mais sans le dire et attendait qu'une
 emmerdeuse comme moi mette ses choix en avant. De nos familles nous avons tout de suite discuté, fait quelques tentatives et retenu surtout, surtout qu'on ne se forcerait jamais et que l'amour n'en pâtirait jamais. Pourquoi faudrait-il aimer la famille de l'autre ? Pourquoi devrait-il avoir envie de voir ma mère, ma soeur, mon frère ? On s'est dit " Seulement si ça nous fait plaisir, si ça ne nous pèse pas". On s'y est tenus. On s'en foutait de ce que penseraient les uns ou les autres. Aimer est affirmer sa différence. N'est pas se couler dans un moule ou des traditions, pas si cela fait régresser la joie d'être ensemble.

Tu me diras que c'est la peur. Tu me diras que je ne connais pas la joie et la solidarité des repas de famille du dimanche. Tu as raison. Tu me diras l'égoïsme, mais ça je suis couverte de la tête aux pieds, même le jour de la mort de ma mère ma soeur a trouvé moyen de me blâmer, en toute mauvaise foi de m'affliger de son propre poids, de ses propres manques d'indépendances. On peut tout me mettre sur le dos. Je dis juste que l'amour c'est pas facile. Je dis la lâcheté du couple, du vivre ensemble et les efforts pour ne pas s'y noyer sec. Etre libre et créatif, être aimants et non propriétaires, être très con et drôle. Ne pas avoir peur de la mort et de la maladie en solitaire, manquer de courage pour partir, partir et laisser puis revenir. Je dis juste que c'est très difficile d'aimer et encore plus de cohabiter. Ce qu'il nous faut c'est des espaces où faire ensemble, rire et s'écouter, et des espaces où être seul ou du moins sans l'autre.

S'accompagner, en somme, au fil du temps. Ce qui n'est pas du tout ce à quoi l'on pensait lors du premier baiser.

.

14 nov. 2013

Dernièrement

J'ouvre cet article sans savoir ce que je vais y mettre. Le but étant de faire le point sur mes dernières peintures et je ne sais plus ce que j'ai fait. Démarré, ou fini.
Voyons voir dans les photos...

Pour les préparations de l'atelier du mardi j'ai ouvert un cahier
Je m'amuse souvent à fermer la page quand ce n'est pas sec. L'empreinte se fait de l'autre côté.




Petits essais pendant l'atelier, vite fait.




.



A la maison, j'aime beaucoup travailler sur le bois et il faut dire qu'on a des bouts de vieilles planches dans le garage


.
 .

Je me suis bien amusée.
Sur cette planche d'abord de la gouache.
Puis du pastel et du cirage incolore et j'ai gratté
Puis de l'huile blanche et regratte !


Toujours pour l'atelier à la maison citoyenne, je viens de faire un essai en miniature pour un projet d'arbre sur un grand carton. L'idée est de coller sur les branches, à partir d'un catalogue de rosiers.



J'aime bien l'arbre nu, tel que.
Mais c'est pour l'atelier et nous faisons des collages de papiers déchirés
.


Trop chargé ?
Je dois trouver des idées simples puisque les dames de l'atelier sont novices en collages.
 Ici on met à chaque fois trois petits bouts de papiers déchirés.

Et voilà un article bien décousu de bric et de brac, mais pas en toc !

.

.

7 nov. 2013

Kara-kami

Un jour dans ma boite aux lettres, il y a deux ans,  un paquet du Japon.
En venant ici et via face book aussi et la boite mail, Béa m'avait demandé si je voulais des papiers de chez elle. "Oh la la mais juste le contenu des pub dans ta boite serait un bonheur !"
Il y avait bien plus que cela dans son paquet. J'en ai pleuré.

J'ai encore une grande partie de ces journaux japonais, photos kitsch de pub en couleurs flashy,  illustrations traditionnelles, petits papiers colorés, motifs sur les sacs qui enveloppaient le tout.

Aller au Japon est le seul projet de voyage qui me tient encore à coeur. Le seul pays que j'aimerais ne pas rater.

Je vous mets un article de Béa sur encore et encore des merveilles nippones.

http://nagoya-en-francais-2.over-blog.com/2013/11/exposition-de-kara-kami-mus%C3%A9e-tamesaburo.html