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28 oct. 2012
Beau
.Les premières neiges.
Quand on a un toit et du chaud et pas besoin de bouger, c'est toujours une féerie.
Juste la goutte de magie qu'il me fallait.
Les oiseaux tournicotent, fébriles, mais la cantine est au point.
Les fleurs, elles, n'aiment pas l'hiver avant l'heure. Hier j'ai cueilli tout ce que je pouvais. La maison est pleine de petits bouquets, les roses de plusieurs jeunes rosiers étaient en boutons.
J'ai coupé beaucoup de menthe et j'ai fait des nems !
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Merci la Beauté.
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26 oct. 2012
Les p'tits oiseaux et une Miche la seule la vraie
Les p'tits oiseaux c'est vachement bien. Parfois il n'y a plus qu'eux pour pépiller comme ça dehors par tous les temps.
D'ailleurs, ce matin j'ai découvert ce blog
http://bridgetispainting.blogspot.fr/
et ces peintures de p'tits oiseaux gourmands, j'ai beaucoup aimé.
Ah puis là c'est l'expo des oiseaux c'est encore mieux !
http://bridgetispainting-gallery.blogspot.fr/
D'ailleurs, ce matin j'ai découvert ce blog
http://bridgetispainting.blogspot.fr/
et ces peintures de p'tits oiseaux gourmands, j'ai beaucoup aimé.
Ah puis là c'est l'expo des oiseaux c'est encore mieux !
http://bridgetispainting-gallery.blogspot.fr/
Là j'ai une troupe de moineaux qui ont envahi un des deux robiniers, enfin je crois. Ca dure depuis l'été. Une troupe, une troupette, un régiment. Ils ont leurs méthodes, leurs réunions, leurs escarmilles, leurs fantaisies, leurs roucoulades de fin du jour qui sont extrèmement délurées, recherchées et enchanteresques.
Cherche pas dans le dico "escarmille" ou enchanteresque", mes mots ils ont leur façon aussi, dans le dico ils ne veulent pas rester, c'est trop serré, trop petit, trop reluqué. Mes mots font leur toilette tout seuls, se maquillent, n'existent que pour nous, ici.
L'autre jour un rouge-gorge s'est tapé les cervicales sur la baie vitrée. Bon sang j'ai pourtant mis des tas de décorations qui dévalent de haut en bas suite à de fâcheux accidents de ce genre dès notre arrivée dans la maison, il y a plus d'un an.
Mes déco sont très jolies et bizarres mais en fait ça ne sert à rien.
Mes déco sont très jolies et bizarres mais en fait ça ne sert à rien.
Dans mon atelier j'ai aussi des guirlandes-maison le long des vitres mais ça n'a pas empêché un chardonneret de printemps de s'attaquer de front au carreau et il était complètement abruti ensuite et moi je ne savais plus comment m'excuser. Mais ils s'en remettent presque toujours.
C'est d'ailleurs impressionnant. On les voit dans le coma mais debout, juste devant l'arme du crime : baie vitrée de la salle, porte vitrée de la cuisine, fenêtres des chambres. Posés sur leurs pattes, retenant le minimum vital, la petite goutte qui fait tenir le vase, l'oiseau entre en concentration maximale.
Toi pas regarder, pas toucher, pas respirer à côté ni devant. Laisser la bête se remettre sans avoir sous les yeux la deuxième arme du crime : l'humain monstrueux qui avait sans doute posé ce carreau, ce piège sadique rien que pour les faire....
Toi pas regarder, pas toucher, pas respirer à côté ni devant. Laisser la bête se remettre sans avoir sous les yeux la deuxième arme du crime : l'humain monstrueux qui avait sans doute posé ce carreau, ce piège sadique rien que pour les faire....
Donc on attend, à chaque fois on attend. Inquiets, fébriles. On palabre, on hypothèse, on décline les éventuelles possibles. On attend et souvent quand tu es inquiet aux larmes et que tu attends ben tu causes. Histoire de lâcher du stress. La petite bêbête, elle, toujours sur ses pattes raides, attend aussi. On attend ensemble mais nous on se cache parce qu'on a bien vu qu'on aggravait le sinistre si elle nous voyait.
Et puis elle bouge. Pouic pouic, on ne sait quel miracle lui permet de sautiller à nouveau puis de s'envoler un peu après. Je crois que ceux là, les cognés, ne reviennent jamais se briser sur nos vitres, je veux le croire.
L'autre jour j'ai osé dire que peut être le rouge-gorge s'en était vite remis parce qu'il n'a rien dans le cerveau sous son crâne de piaf. Il est beau mais y'a peut être même pas un pois chiche là haut ? Tollé général. Je me suis couverte de honte, on m'a prié de monter me calmer sur mon ordi si c'était pour dire des horreurs pareilles.
Bon.
Heureusement qu'ils sont là, c'est tout ce que je voulais dire et derrière cette phrase banale j'en dis, crois-moi.
Tout cela me fait penser à la Miche, cette histoire qu'une unique lectrice et moi on suit, c'est déjà beaucoup. Celle de Pascaline, vendeuse de fromages qui a vraiment vraiment changé de vie, quitté son village suite à un courrier de Pagure un ancien promis, le fiancé le seul, pas revu depuis des décades. Je viens de te résumer en express dix mois d'histoire. Tu cliques sur "La Miche", en dessous de ce billet, dans les Libellés /mots-clés, tu vas comprendre le reste.
Donc attention, en cette fin octobre La Miche et moi même, puisque j'ai dû intervenir en personne vu que la Miche ne disait plus rien, nous allons revenir. En force.
Tiens il pleut fort et un p'tit oiseau...
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15 oct. 2012
les cheveux coupés ( repoussent)
Ma soeur est morte subitement fin aout.
J'en avais déjà un peu assez de tous mes cheveux dans le dos. Les cheveux sont de longues histoires personnelles, pas seulement personnelles, bien sûre que je suis quand je dis ça.
Il y a les garçons.
Bon mais je me tais, là tout de suite n'est pas mon propos.
Le choc de cette mort sans prévenir fut tel que j'ai rapidement décidé de couper.
J'ai pris mes bons ciseaux et j'ai tranché au niveau du cou. Crac. Les choses se font faites parfaitement, tout tombait pile. Lui a juste eu quelques méchouilles à rectifier, celles cachées dans la nuque par le feuillage de ma tignasse.
Je ne dis pas que j'ai regretté car ce geste m'était indispensable. Je réalise aujourd'hui qu'il est un geste de vie et non de mort.
J'ai très vite compris que je ne garderai pas cette coupe polie, j'ai tailladé la frange devant jusqu'à en faire des bouts de paille après la moisson. Je n'ai pas réussi à me faire l'orangé acajou que me promettaient les deux boites de hénné bio. Malgré une après-midi entière à me mettre de la boue sur le crâne puis les centaines de litres d'eau pour la rincer. Je suis ressortie de là toujours aussi brune. Un comble pour une ex chatain aux mèches blondes au soleil d'été. Un comble, on verra ce qu'on en fait.
Ce matin j'ai compris ma joie enfantine de laisser repousser mes cheveux. Je ne vais pas repartir dans les grands trucs dans le dos. Mais je vais laisser faire la nature, je vais regarder la vie pousser par mes racines et les centimètres faire leur trajet. Et ce matin j'ai su à quel point c'était gai, à quel point semaines après semaines, je compterai chaque goutte de vie que ça m'apporte.
Je ne me prends pas subitement pour un jeune arbre qui voit son premier printemps et se délecte de chaque feuille nouvelle dans ses branches. Mais presque.
Car vois-tu les chocs mortels ont ce don qu'on se fout encore un peu plus de ce que les autres en penseront. On traverse avec une nouvelle vitesse, une force d'ouragan, vers ce qu'on veut. On peut se repayer des caprices. Dire cash, bazarder. Pan.
Je lisais un livre épais et ouvert sur deux grandes pages. Le livre ouvert vois-tu, posé sur tes genoux ? La page à gauche, la page à droite. Du poids et deux pages blanches douces, prêtes à tourner quand vient leur tour. Et d'un coup sec, un coup de vent en fer, un coup de trique droit comme une balle, la page de droite s'est fermée sur la page de gauche. Paf. C'est comme ça que ça fait. Clac, t'as rien vu venir, t'as pas senti le vent avant. Paf, la page claque sur tes genoux. Bien précise. Une page, celle là.
Ce que tu lisais, cela se déroulait comme une histoire, il y avait des personnages, des contextes, des paysages, c'était pas mal, tu suivais un cours, comme une eau qui vaque. Tu suivais les lignes et l'histoire avait de l'avenir, sans doute. Tu ne sauras pas. La page qui vient de claquer sous ton nez, tu ne peux plus y retourner. Tu essaies de prendre la feuille délicatement du bout des doigts pour la ramener à sa place mais elle s'est collée à la précedente. Sur le côté gauche du livre les deux dernières pages se sont scellées. Inaccessibles. Devant toi toujours ce gros bouquin qui pèse une encyclopédie, il est ouvert et du texte te semble apparaître mais rien ne t'est connu. C'est trop tôt pour savoir lire.
Tes cheveux doivent d'abord apprendre à repousser.
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3 oct. 2012
retour de médiathèque
Je venais pour y rendre un CD sans intention de prendre quoi que ce soit cette fois là.
Je suis repartie avec deux livres.
La veille c'était mon jour de Qi gong, Qi = "chi", énergie vitale. Et voilà que je découvre un chat de
ce nom !
Je crois que je ne vais pas m'ennuyer avec cet animal.
Et puis un gros livre de Sandrine Bailly.
Là non plus rien ne m'ennuie. Chaque page est une merveille, j'ai envie de toutes les dévorer.
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Dans le jardin sous un soleil d'automne je tourne les pages et mentalement un manège de poésie, d'ombres et de blancs, s'empare de moi.
Assise près de la verveine, je tourne la tête. Et je vois le rouge et le mauve. Le bleu limpide d'octobre qui n'a peur de rien. Je vois gris et vert ami. Je vois un théâtre de couleurs que je n'avais pas regardé avant.
Un instant c'est maintenant. Mes yeux s'ouvrent.
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29 sept. 2012
48 h en pays catalan
...cliquez sur les photos pour les voir comme il faut......
D'abord des trains. Celui qui suit la côte jusqu'à la frontière est entre deux eaux après Narbonne. La mer et les étangs et rien d'autre entre ça et toi. Juste la ligne de chemin de fer.
D'abord des trains. Celui qui suit la côte jusqu'à la frontière est entre deux eaux après Narbonne. La mer et les étangs et rien d'autre entre ça et toi. Juste la ligne de chemin de fer.
C'est un pays de vents, les éoliennes font les fières sur les collines.
A Perpignan les annonces en gare sont bilingues. Français et catalan. Les langues se doublent et se colorent, on a déjà franchi une frontière.
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Le 26 il pleut mais l'amie m'emmène dans un lieu abrité où une petite chapelle est dédiée à la Consolation. Il y a un hôtel. Calme assuré.
Là haut l'automne a déjà posé ses couleurs.
On descend sur Collioure. C'est la deuxième fois que j'y passe. C'est un lieu comme un écrin qui n'a besoin de personne pour vivre, ni saisons, ni humains. C'est.
Et à chaque fois des miracles tombent du ciel dans la mer, ou l'inverse, montent de la mer vers le ciel. A boire, la bouche ouverte, tout cru, tout cuit, on est béat devant la beauté qui vit sans nous, n'a besoin de personne et met à genoux.
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Tu dis quoi Monsieur Dali ? Que tu vivais un peu plus au sud en bord de mer avec l'amour de ta vie ?
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Un puis deux arcs en ciel, pourquoi faire petit quand tout est possible ?
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Tu dis quoi m'sieur Dali ? Que tu peignais en regardant le ciel catalan ?
Et que finalement, ça tourne la tête, on a envie de mettre le bas en haut et le haut en bas ? Oui, exactement.
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Il ne pleuvait plus depuis une heure. Et depuis une heure on regardait la Beauté. Les voitures s'arrêtaient sur le bas côté.
On ne savait plus où on était. Dans ces cas là on ne sait plus rien sauf les yeux. Le corps pris en entier. On a parlé peintures, on veut prendre toutes les teintes de rouges, de mauves, de bleus, de blancs, de verts et jaunes, on veut tout avaler et transformer à notre tour. La Beauté.
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Il fait nuit quand on s'en va.
Le lendemain je me baigne dans le bleu. Dès que je la vois, avec sa ligne nette, claire, je sais que je vais me jeter dedans et je le fais. Je retire tous mes vêtements, je mets le maillot par principe, mais je suis seule sur la plage. Et je marche dans la mer froide, très froide. Je nage vers le large en parlant à ma soeur, puis je reviens vers la plage mais je fais du sur place on dirait. Alors je me retourne vers l'horizon bleu majestueux et je nage vers lui. Puis je reviens, puis je me retourne vers le bleu et j'écarte grand mes bras je prends toute l'eau et je l'embrasse. Jusqu'à ce que je ne sente plus mon corps. Juste le visage qui dépasse. Jusqu'à ce que j'aie tout pris, tout laissé, tout pris, tout laissé et tout dit.
Le lendemain je me baigne dans le bleu. Dès que je la vois, avec sa ligne nette, claire, je sais que je vais me jeter dedans et je le fais. Je retire tous mes vêtements, je mets le maillot par principe, mais je suis seule sur la plage. Et je marche dans la mer froide, très froide. Je nage vers le large en parlant à ma soeur, puis je reviens vers la plage mais je fais du sur place on dirait. Alors je me retourne vers l'horizon bleu majestueux et je nage vers lui. Puis je reviens, puis je me retourne vers le bleu et j'écarte grand mes bras je prends toute l'eau et je l'embrasse. Jusqu'à ce que je ne sente plus mon corps. Juste le visage qui dépasse. Jusqu'à ce que j'aie tout pris, tout laissé, tout pris, tout laissé et tout dit.
Alors sous le soleil je me sèche et m'habille et je reprends le vélo.
Plus tard dans le jardin ami, le thé est chaud, le romarin est un petit arbuste, le hamac est sous l'olivier, les mandarines préparent leur hiver. On est bien. Une mission est accomplie. Pleine.
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J'entends des oiseaux que je ne connais pas. Leurs chants sont très drôles, taquins, curieux, et mélodieux. C'est très spécial.
A la gare, je pars. J'essaie d'en prendre un en photo mais il est loin. Je demande à une dame qui pense que ce sont des étourneaux mais ne sait pas, elle dit ça comme ça.
Il faut que je trouve leur nom, ce sont des merveilleux chanteurs.
Le chemin du retour est beau. La prochaine fois j'irai au bout du bout. Port Bou ?
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