48 h en pays catalan

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D'abord des trains. Celui qui suit la côte jusqu'à la frontière est entre deux eaux après Narbonne. La mer et les étangs et rien d'autre entre ça et toi. Juste la ligne de chemin de fer.







C'est un pays de vents, les éoliennes font les fières sur les collines.


A Perpignan les annonces en gare sont bilingues. Français et catalan. Les langues se doublent et se colorent, on a déjà franchi une frontière.
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Le 26 il pleut mais l'amie m'emmène dans un lieu abrité où une petite chapelle est dédiée à la Consolation. Il y a un hôtel. Calme assuré.




Là haut l'automne a déjà posé ses couleurs.



On descend sur Collioure. C'est la deuxième fois que j'y passe. C'est un lieu comme un écrin qui n'a besoin de personne pour vivre, ni saisons, ni humains. C'est. 
Et à chaque fois des miracles tombent du ciel dans la mer, ou l'inverse, montent de la mer vers le ciel. A boire, la bouche ouverte, tout cru, tout cuit, on est béat devant la beauté qui vit sans nous, n'a besoin de personne et met à genoux.






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Tu dis quoi Monsieur Dali ? Que tu vivais un peu plus au sud en bord de mer avec l'amour de ta vie ?

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Un puis deux arcs en ciel, pourquoi faire petit quand tout est possible ?

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Tu dis quoi m'sieur Dali ? Que tu peignais en regardant le ciel catalan ?



Et que finalement, ça tourne la tête, on a envie de mettre le bas en haut et le haut en bas ? Oui, exactement.

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Il ne pleuvait plus depuis une heure. Et depuis une heure on regardait la Beauté. Les voitures s'arrêtaient sur le bas côté. 
On ne savait plus où on était. Dans ces cas là on ne sait plus rien sauf les yeux. Le corps pris en entier. On a parlé peintures, on veut prendre toutes les teintes de rouges, de mauves, de bleus, de blancs, de verts et jaunes, on veut tout avaler et transformer à notre tour. La Beauté.

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Il fait nuit quand on s'en va.

Le lendemain je me baigne dans le bleu. Dès que je la vois, avec sa ligne nette, claire, je sais que je vais me jeter dedans et je le fais. Je retire tous mes vêtements, je mets le maillot par principe, mais je suis seule sur la plage. Et je marche dans la mer froide, très froide. Je nage vers le large en parlant à ma soeur, puis je reviens vers la plage mais je fais du sur place on dirait. Alors je me retourne vers l'horizon bleu majestueux et je nage vers lui. Puis je reviens, puis je me retourne vers le bleu et j'écarte grand mes bras je prends toute l'eau et je l'embrasse. Jusqu'à ce que je ne sente plus mon corps. Juste le visage qui dépasse. Jusqu'à ce que j'aie tout pris, tout laissé, tout pris, tout laissé et tout dit.

Alors sous le soleil je me sèche et m'habille et je reprends le vélo.

Plus tard dans le jardin ami, le thé est chaud, le romarin est un petit arbuste, le hamac est sous l'olivier, les mandarines préparent leur hiver. On est bien. Une mission est accomplie. Pleine.

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J'entends des oiseaux que je ne connais pas. Leurs chants sont très drôles, taquins, curieux, et mélodieux. C'est très spécial.

A la gare, je pars. J'essaie d'en prendre un en photo mais il est loin. Je demande à une dame qui pense que ce sont des étourneaux mais ne sait pas, elle dit ça comme ça.
Il faut que je trouve leur nom, ce sont des merveilleux chanteurs.





Le chemin du retour est beau. La prochaine fois j'irai au bout du bout. Port Bou ?
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