La vie ailleurs-et-ici, traversée.

Traversée. Sur le fleuve balancée.
A tes pieds la vie, bouts de bambous tressés, et le courant, au dessous, qui toujours l'emporte.



C'est comme ça, tu sais faire, tu penches la tête d'un côté et aussi de l'autre côté.
Non, on ne peut pas déjà se retourner.
On ne peut pas non plus tout ramener.
On se laisse sur place avec nos petits cailloux.

La barque est déjà trop pleine au moment de faire ses bagages.

Tu vas ailleurs, tu vas, tu repeins en blanc ta mémoire.

Tu repenches la tête d'un côté et puis de l'autre côté, et même le corps tout entier.

Plus tard, beaucoup plus tard, quand le temps a coulé, coulé, on peut enfin se retourner.


Ici et ailleurs, tu es des deux côtés.
Légère, petits cailloux, bambous flottés.


Lôlà.