15 avr. 2014

Le bois dans mes bras

C'est près du ruisseau que je l'ai trouvé.
Dans un petit bois, qui monte en palier. Comme une pièce entre deux champs. On ne sait où il va. Il s'arrête en hauteur, dans un jardin, je crois.

Presque tout en haut je vois ce tronc noueux, un petit accordéon, il est tout doux et lisse et dressé, sec pas encore mort peut être puisque les arbres mettent longtemps à mourir, à se déssecher, à être inutile à l'éco- système. Il tient bien debout. Je le veux.
Je tire un peu sur ses racines molles et ternes qui ne racinent plus guère.
Cela craque un peu mais il vient.
Il est très léger, dans la paume il caresse.

Il fait beau dehors. Je le peins. En pensant aux aborigènes lointains sur les terres rouges et oranges.


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Je pense à la naissance et aux racines frêles
Je pense à la mort en renaissance dans les cieux inconnus.







Je finis par le rayer de blanc, par étapes.
Des étapes de vivre. Des marches.

Il se laisse faire et est beau.

Je le monte dans la chambre.
Il s'installe mollement, un peu fier, entre les étagères de bric et de broc.
De livres et bijoux et peintures et objets.
Je n'en ai pas beaucoup, j'ai beaucoup donné, jeté, je ne veux plus de babioles.
Je ne voulais plus.

Je l'aime, il embrasse l'air autour, il signale les objets, il grimpe vers le plafond.
Il se tortille. Oui, c'est un beau bout de bois.
J'en étais tombée amoureuse. Il me le fallait avec moi.



Le totem qui escalade, indique chaque moments de vie. Je suis dans le jaune et le mauve en lui. Un peu plus qu'au milieu. Mais avec encore des changements radicaux à venir.
Tout en haut le style est différent. On touche les nuages puis le coeur.

Je le garderai toute ma vie.
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2 avr. 2014

On s'y remet ?

Bravo à ceux qui bossent salariés quelque part et continuent d'exercer une activité artistique.
Je dois dire que depuis que j'ai arrêté l'atelier et repris le boulot (ça nous situe à l'automne 2013) je ne fous plus rien.

C'est étrange. Cela mijote tout de même. Le manque commence à se faire sentir. Des bouillons remplissent ma personne par phases successives et on attend la submersion.

Pourtant il ne faut pas grand chose pour essayer et je ne suis pas exigeante avec moi-même.

Se pointe à l'horizon un matin où ça refera surface, je le sens. Débarrassée sans doute des soucis primaires de la reprise de boulot (je ne suis que  trois jours sur place mais je bosse aussi chez moi) et autres angoisses quotidiennes d'accompagner la maladie de ceux qu'on aime.

 Je vois maintenant des jours plus faciles et, au boulot quand mai arrive on glisse tout de suite vers le farniente, moins de femmes aux ateliers, des sorties, fin des cours le 12 juin. Je peux relever la tête, faire le bilan de cette reprise, temporaire, Dieu merci. Et élargir ma palette.

Mon atelier est rangé depuis janvier et tout propre. Tout le matériel est là disponible.
Je croise la copine de l'atelier - collectif- qui me demande quand je reviens qu'on s'amuse un peu ensemble. Pas encore, hélas.

Participer à un atelier de peinture attise la motivation et la gniaque. Cela me manque.

J'ai repris un livre de peinture à la médiathèque. De l'inspiration. Et...

Avec les tubes d'aquarelle, sans eau ( finalement j'utilise toujours peu d'eau), direct avec le tube et les doigts j'ai dessiné. Mis de l'encre et de la gouache et parfois du pastel.

Deux nouveaux amis :

Femme rouge et tordue qui me fait douter et pourtant me plait.






Elle partira chez ma tante, par courrier.


Personnage de spaghetti en folie, tourmenté mais sans soucis peut être. Etre éphémère est-ce le salut ? Tiré du lit par un paquet de couleurs inconstant.

Mais bon sang que sommes nous d'autre ?



Il y a un mois, je crois. Sur un carton, à la gouache, pour une amie qui a perdu ( physiquement seulement) son chat, j'avais fait cela.




J'ai eu le sentiment d'avoir dix ans.


29 mars 2014

Grande évasion martienne



C'est un beau jardin, que dis-je, un terrain, niché dans la vallée.
En face les montagnes, tout droit l'Espagne.
En bas, tout en bas, prends un bâton pour ne pas glisser, en bas du terrain de chênes toujours feuillus, la rivière.

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C'est toujours à Collioure qu'on devient heureux. Qu'on revient heureux. Qu'on vient.
Parfois c'est la lune rousse immense qui mange tout le ciel et sort de l'eau comme une sirène.
Parfois c'est après un long apéro dans un endroit généreux et beau et sur la route il faut s'arrêter car le ciel se couchant est en furie. Déballe sa panoplie de nuages effrayants, de lignes de feu, de mauves extra terrestres. Et nous n'avons pas assez d'yeux et de têtes à tourner de l'Est au Nord, du Sud à l'Ouest. On retourne dans la voiture éberluées. Tambourinées et lavées, magiciennes.

Cette fois c'est midi et la mer rejoint le bar et la plage rejoint la nappe couchée sur le muret.
Tout est bon. Et la mer bleue tellement bleue, tellement sûre.

On peut douter de tout, tout est bien là.

Collioure c'est merveilleusement simple. Hors saison, bien sûr.



Quatre jours loin de soi, près des autres. Quatre jours à soi. Pour reprendre souffle.
Retrouver le goût du risque, du vent, des mimosas grands comme des arbres qui explosent leur jaune indolent, brise lourde dans leurs branches qui ne craquent pas.

Dans le train c'est aussi un vrai spectacle derrière les vitres, sales certes. Mais comme j'aime le flou, l'incertain, les infimes possibles, ça me plait bien.


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On sait qu'on est dans le sud quand les arbres penchent même quand il n'y a plus le vent.


Quant aux vignes, leur fonction, quand elles sont nues, est de danser immobiles. 


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2 mars 2014

Photos du dimanche

Autour de chez moi je prends assez souvent des photos. En ce moment un peu moins mais quand même...
Je les mets sur fesse de book mais tout le monde n'y est pas
Je peux en mettre sur Google plus mais tout le monde n'y est pas
J'en mets par ici j'en mets par là, bref, où les mettre bon sang pour que tu les voies ?

Je crois que je vais les poser ici,
celles que je retouche, que le colorie, que je bidouille.

Voilà pour cette semaine. Un petit lot d'un coup d'un seul.
Deux dimanches
Un dimanche de printemps et huit jours après nous sommes allés voir neige et brouillard au dessus de chez nous.

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26 févr. 2014

Barouf en stock

C'est curieux le nombre de choses qu'on a à dire sans le dire.
Peut être est-ce juste moi ?
Un sac en vrac qui bout
Une bouilloire qui ne s'éteint pas
Qui quoi me donnera suffisamment de fil à tordre pour que je puisse tout expurger ?

Courte ficelle bras mal chargés corps fiancé avec des trapézistes virtuoses
Affaires non closes non classées débarras en émoi filtre bouché assiégé
Est-ce moi qui brille qui écope qui entend des voix ?

Curieux le nombre de choses qu'on a à dire sans les dire.


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12 janv. 2014

Chez moi

Reprise des collages

Il faut dire que j'en ai reçu un merveilleux et que cela donne envie
Il faut dire que la fin de l'année était écrasante d'anxiété et qu'il fallait d'abord s'occuper de la vie à garder, de la santé à chérir, de l'amour à accepter sous toutes ses formes, même les moches.

C'est la fée des prairies qui m'a envoyé une deuxième merveille. Elle est de plus en plus douée.




Cela fait un bail qu'on s'envoie des trucs collés et j'ai l'impression que cela a beaucoup évolué et que cette fée s'envole dans les nuages dorés.

J'aime le courrier. j'aime qu'on m'en envoie, peu importe quoi. J'aime toujours.

Merci les amies qui m'ont souhaité l'année, alors que moi je moisissais un peu dans mon jus pas très coloré.

Ce dimanche on dirait que ça me revient. Le soleil chauffe à bloc l'atelier et je me sens heureuse de découper des petits papiers. Comme une retrouvaille.

J'ai pris des photos de mes trois collages qui sèchent et de mes coins secrets.









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Ci-dessous, j'ai ressorti un paquet de cartes que les amies m'ont envoyées. Pour l'atelier d'art postal qui se met en route au boulot.


Les p'tits coins du coeur


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Je ne me sépare jamais de la photo ci dessous.
C'est en montagne dans un village népalais.
En fait, je prenais en photo les crêtes de l'Himalaya alentour. Et dans mon viseur apparaît cet homme comme un lutin. Un homme-arbre caméléon.
Je me dégage de l'appareil photo, et le regarde, il se marre.





Pendant ce temps, ici, vingt trois ans après, il est toujours avec moi. Il y a quelque part des humains qui partagent la terre mais vivent autrement, sur une autre planète finalement. Ce que nous avons en commun. Parfois je me le demande. Et en même temps sans lui dans son arbre, sans lui arbre-homme lutin bandit tout gris, sans lui je ne suis. Je ne suis pas tout à fait moi.

Pendant ce temps, donc, j'écris ici écoutant Vanessa Paradis. Son dernier joli disque tout fabriqué par Mister Biolay. Ces deux CD comptent des pépites, vraiment, vraiment, léger et poignant, très musical, très poétique, amoureusement, papillonement, bulles et pleurs, départs et bonheurs.

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