Les coloc'

Partager sa maison, vivre avec plusieurs clés.
Partager ma cuisine, mélanger nos torchons mais pas notre linge...avec un collègue, un ami, un co-locataire, comme on dit. Un coloc'...

Périodes que je trouve riches où on se transforme au contact d'un autre quotidien.
J'ai régulièrement vécu ces moments là. Pour quelques mois, ou quelques années.

Parfois par necessité quand on est expatrié et qu'on "débarque" très loin de chez soi, parfois par besoin quand on roule sa bosse et qu'on ne  roule pas sur l'or. Le plus souvent par plaisir, tout simplement, et cela vaut mieux sinon ce n'est pas la peine !
Il faut l'envie de tenter l'aventure du partage, et je ne parle pas ici de relations amoureuses.




Partager sa maison fait bouger nos lignes, nos limites, nos consciences. On apprend à se connaître, à s'y connaître en soi. Je suis pourtant une grande solitaire mais je pense que la cohabitation peut respecter le rythme de chacun, sans heurts, quand on sait qui on est, ce qu'on ne veut pas, et quand on arrive à le dire.

Le petit quotidien se révèle grand et rempli de découvertes qui, plus tard, feront changer notre vie peut être.
Cuisiner ensemble. Tiens tu fais comme ça ? Arroser les fleurs. Tiens regardes ! Voir l'autre se lever le matin et saluer le soleil. Ah tiens, c'est quoi le yoga ?....
De chacun ayant partagé un bout de vie avec moi, il me reste beaucoup et ils ne le savent pas.
Je les ai regardé, ils m'ont installé dans leurs fauteuils, je leur ai fait goûter mes plats, ils m'ont préparé leurs tisanes. Nous avons étudié ensemble, on a mis le bois dans le poêle, on a versé l'eau dans des bassines. On a eu froid, serrés devant la cheminée, on a eu très chaud sous nos ventilateurs.


Isidé, Laurence, Martine, Rolland, Anne, Marie-Laure, Fred, Annie, Michèle, et les autres...Tous ceux là que je ne revois plus, sauf exceptions,  et sans lesquels ma vie ne serait pas la même.

La dernière coloc' en date fut ma collègue Patricia.
Nous vivions à Vientiane au Laos et prenions des petits avions à 4h du mat pour atterrir au Nord du pays et, non, il ne faisait pas toujours chaud là-haut ! En décembre et janvier on avait froid la nuit sous la moustiquaire.
A la maison elle faisait bouillir des bâtons de cannelle dans de l'eau, parfois avec de la cardamome, et elle affirmait
" Avec ça tu ne seras jamais malade !".
On buvait le breuvage bien chaud et le reste se mettait en bouteille au frigo.
Efficace, délicieux, partagé.

Un bout de vie
Une clé
Une porte
Et le vent nous emporte
Différents, assemblés

De l'un et de l'autre
Sous mon paillasson
Il me reste
Nos bouts de vies
En porte-clés




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