L'éléphant séducteur

Dessiner des éléphants est jouissif, d'autant plus que j'aime beaucoup dessiner les animaux.

Pour celui-ci c'est une histoire de couches en superpositions, de ratages et découpages de format.
J'ai commencé sur un bout de carton peint en bleu presque turquoise, venant de je ne sais où, un reste de palette bleue déposée sur ce support épais ?

Je ne sais plus trop ce qui est arrivé ensuite. Encre, gouache, c'est sûr. Une tête et torse d'éléphant que je voulais émergeant de la végétation.
Proportions fausses, rien n'était présent clairement. J'ai recouvert presque  tout  de pigments jaunes et olive verte ne laissant que la tête -bleue et blanche et sépia et grisée- de la bestiole, émergeant bien cette fois d'une poussière ocre-orangée, au final.

J'aurais dû prendre en photo cette étape. Décisive car par magie, l'éléphant est alors apparu, vivant.

 J'avais aussi retaillé le support, le diminuant et mettant des rondeurs aux angles.

Une nuit après, on était dans un "portrait" d'éléphant que j'ai essayé de ne pas gâcher. Reprise des proportions, reprise des ombres et des couleurs. 
Re-re-coupe du carton qui se rapetissait encore et retrouvait ses angles.

Puis petit collage-feuillage, en bas, mêlé de peinture et pastel, et un cadrage très réussi. Une feuille grise, fine et plissée et tâchée de pigment, en dessous,  sur un papier glacé noir ( une photo de pigments !).

.






Je pensais le donner mais tolé général à la maison : on le voulait sur nos murs. On l'a mis sous verre, c'est extra.
.

Les éléphants sont patients avec les débutants, ils sont faciles à dessiner. Je les trouve inspirants pour peindre   Leur peau, l'imagination qu'ils me donnent sur les matières, les plissés, les décors africains, ils sont une toile en eux-mêmes et on a envie de se lancer, à la fois sur les couleurs, les épaisseurs.

Il se laisse faire, il peut être rose, bleu, vert, orange.

J'ai déjà réalisé de beaux éléphants. Je me suis demandée si je progressais, si j'aurais pu faire la même chose l'an dernier, seule, sans cours, sans conseils, comme je l'étais il y a un an au démarrage.
Peut être, mais...pas sûr.

Je rends hommage à deux artistes qui m'ont appris beaucoup en peu de temps et sans elles cet éléphant ne serait pas là.

Alexandra,. l'animatrice de l'atelier en octobre et novembre, qui m'a mis sur des rails. Elle m'a, entre autre, montré le travail avec les pigments et l'importance du cadrage ( quelle partie montrer, puis comment l'entourer, la valoriser).

Agnès, lectrice et amie, qui m'a bien observée ici et m'a aidé à ne pas tout mettre sur une seule toile, à répartir mon énergie, à avoir des supports disponibles pendant que je peins et y poser le trop plein. Ils deviendront quelque chose plus tard.

Ce fut le cas pour cet éléphant. C'est le cas maintenant, car j'ai compris qu'on ne peut tout mettre au même moment sur une seule peinture. Cela parait évident mais quand on débute cela ne l'est pas !




.