Armée d'un pinceau, d'encre et de gouache, à gravir mes montagnes

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A un moment, au milieu, j'ai cru que je perdais tout. C'était les yeux qui me lâchaient. je les ai encrés quatre ou cinq fois, effacés, mouillés, j'ai appliqué une feuille sur l'ensemble non sec, plusieurs fois. Une fois j'ai attendu un peu mais je ne pouvais pas trop, il fallait que je m'attaque sans cesse aux yeux en me demandant si je gâchais tout ou une partie. J'ai pensé découper l'ensemble au ciseau. Il me taraudait une bataille, et trop de choses me plaisaient, je deviendrai aveugle s'il le fallait mais je ne partirai pas sans un dernier coup de pinceau et encore un mélange dans les encres séchées poisseuses, celles que je préfère. Où était la carte du corps, où s'arrêtait un visage ? Y-avait-il des lisières infranchissables et des marais interdits ? 
L'encre blanche est venue confirmer la paix à naître. J'avais agrandi les yeux, déplacé quelques cratères, quelques espaces mieux différenciés et après tout cela devrait ressembler à quelque chose.
Le blanc sur l'encre non sèche est bu. Dévale, absorbé, change. J'avais plié la feuille en largeur et en longueur faisant dégueuler les taches encore et encore une fois. Tout ça pour quoi ? Le pinceaux d'art martial déambule, tournicote et me rend chinois. Finalement quand je vois le premier jet, je les vois ces monts asiatiques en vert, comme une montagne sur sa tête. Puis le visage grandit, s'élargit. Les couleurs passent, des bleus se sont emparés des yeux comme un masque. Regard masqué et banni, regard qui ne me trouvait pas. Et puis.
Ainsi va.
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