Les visages imaginaires

Merci Théa de me poser une question sur ce portrait que j'aime beaucoup et que j'ai mis dans la colonne de droite.


Je n'avais rien publié à son sujet et j'ai eu tort car plus d'un mois a passé et je ne sais plus exactement quels matériaux j'ai employé. Je viens de le prendre dans mes mains, c'est un format carte postale, et de le sentir et il sent la belle odeur d'huile.

Je ne me souviens pas du tout avoir utilisé de l'huile mais l'odeur ne trompe pas.

Au départ c'est donc un recyclage de carte, comme souvent. J'adore  travailler sur les supports qui ont déjà vécu, ou récupérer des feuilles de magazines-prospectus de papier glacé épais si possible.

Je sais que j'ai travaillé le fond, bazardé des couleurs mais je ne sais plus de quelle sorte : acrylique ?

Puis j'ai collé, ou bien j'ai collé en premier ?, ce tissu blanc comme effiloché un peu plastique qu'une amie m'a envoyé.



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C'était assez moche. J'ai fait des mélanges avec des encres et je ne sais pourquoi ça a donné un vert beurk. Sans doute ai-je tenté une encre colorée après les lignes noires ? Ou bien j'avais mis du pigment ?
Bref.
Bof
Et je m'orientais vers un poisson


Mais cela ne collait pas trop.


Heureusement, avec le même tissu effiloché et du jaune et rouge acrylique, j'ai quand même fait un entourage pour améliorer un croquis. Pour l'envoyer à une amie qui venait d'apprendre qu'elle serait grand-mère.




Oui j'ai utilisé du pigment jaune. Donc sur le poisson aussi, je pense.
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Bon mais mon poisson raté ?

J'ai tournicoté la carte, cherchant une toute autre direction et j'ai pensé à un visage sous un grand bonnet-chapeau, ou genre.

J'ai remis des couleurs, peut être du pastel aussi. Et de l'encre noire. Peut être que les traces blanches sont à l'huile car j'ai eu une période où j'introduisais des touches de peinture à l'huile blanche n'importe où, n'importe comment, et c'est très intéressant d'aller à l'encontre de ce qui est préconisé "maigre sur gras ou gras sur maigre" etc. Ainsi je me retrouve parfois avec de l'encre sur de l'huile. Ou du pastel sur de l'acrylique ou de l'huile non sèches. La plupart du temps ça donne de la soupe mais parfois on a des surprises, des bonnes.



Puis j'ai transformé le noir en blanc...avec de l'encre je crois



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Très instructif n'est ce pas ?

( même si je ne sais plus ce que j'ai bidouillé dans les ajouts de couleur...)


Je ne crois pas non plus vous avoir parlé de ce visage fait dans un petit cadre carré


J'avais beaucoup aimé ce croquis d'après Rodin



Je m'en suis inspirée



Le fond c'est du blanc acrylique ( celui des murs de la maison) , de la colle à tapisserie mêlée de pigment jaune. J'ai dessiné directement à l'encre, paf.
Comme souvent, une fois arrivée là en 10 mns j'ai le sentiment que je pourrais m'arrêter, que tout est dit.


Mais, allez, on met de la couleur ? Acrylique et encre.


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On attend que ça sèche un peu et puis j'ai rehaussé le noir, avec de l'acrylique.



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Dans la même veine mais plus déjanté et travaillé rapidement, dans une sorte de transe, j'ai fait le visage que j'ai mis là-haut dans la bannière, à gauche. Il m'éclate totalement. Un côté manga et culotté.


. Voili voilà, merci encore Théa de m'avoir posé des questions.

Je retourne à ma lecture. Après avoir traversé un gros livre sur la peinture abstraite (passionnant, je suis scotchée) j'ai emprunté un beau grand livre sur Kandinsky  " Le cavalier bleu" qui est très bien fait.

 Une biographie très illustrée et mise en page avec goût, qui se lit comme un rien. Je suis subjuguée par la vie de certains artistes peintres. Je lis à petite goulée pour digérer. Et puis nous sommes au début du siècle dernier en Allemagne...J'en suis aux années 1910. 

Les deux livres empruntés en médiathèque :


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J'ai aussi découvert Franz Marc et ses peintures d'animaux qui sont extraordinaires. Vous connaissez ?

Dans le gros livre sur la peinture abstraite j'ai lu deux phrases formidables, de je ne sais plus quels artistes.

La première disait que dans les 3-4 premiers coups de pinceaux sur une toile tout doit y être. L'essentiel doit être posé.
La deuxième disait que si vous n'avez pas tout votre tableau dans la tête avant de commencer c'est pas la peine. Il doit exister, vous devez le visualiser d'une manière ou d'une autre, avant de démarrer, sinon c'est naze. Je pense que ce n'est pas valable tout le temps mais je vois très bien ce que cela veut dire. 
On peut relativiser ce propos mais si ce n'est visualiser tout le tableau, je dirais que c'est avoir une idée précise, une intention, une pulsion forte qui s'est mise en branle et est déjà figurée en nous. Des choix sont en place, des sentiments exacerbés, une ligne électrifiée s'est greffée entre la main et l'inconscient et le conscient ( qui va se faire total déborder, hé hé).


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