Chat perché et farceur

J'avais fait un croquis rapide de-fin-de-palette d'un chat grec perché.
Je voulais le redessiner et je cherchais le modèle.

C'était quoi ce modèle ? 
D'ordinaire quand je croque en fin de séance chez moi je prends ce qui me tombe sous les yeux ou bien j'improvise.
Je n'avais pas improvisé ce chat grec, j'avais zieuté une photo. Etait-ce dans le vieux répertoire dépiché où les peintures de chats sont belles et où j'ai déjà croqué ? Je regarde dedans. Non.

Une carte postale ? Je doute. Aucune amie n'est allée en Grèce. Bon, mais on peut m'avoir envoyé....Non. Je fouille tout de même dans le tas de courriers et autres cartes jolies. Non.
Je fouille et refouille et ça commence à me monter par  le nez.

Je destroye mon bureau, je soulève, je vitupère, je cherche. Non.

Bon, ce n'est pas une carte ni une peinture, ce chat c'était une photo dans un magazine de voyages. J'ai plusieurs catalogues. Je les épluche tous. Je m'arrache les yeux. Je m'énerve. Bon sang mais ce chat grec il est où !??

Il y a la mer au fond, turquoise, il y a des maisons blanches, de l'ombre, le chat sur un toit. Bon sang !!

Tous les catalogues sont passés en revue. Je me fait aider. Non.

Ce n'est pas possible. J'oublie, je tente de ne plus y penser. Puis je remonte le chercher ce chat. Il faut dire que ça m'est venu en tête ce matin. Après des rêves très agréables où on s'entraidait dans un atelier. Et dès le réveil je voulais refaire ce chat.

Je reste immobile devant la grande table à tréteaux où tout l'essentiel se répartit dans un bordel bien assumé. A droite les matériaux, au milieu des papiers, des pinceaux, de l'eau. A gauche des petits tas de "modèles" dont ce répertoire et le livre zen sur les chats. Je ne bouge pas. Je me calme un peu.

Et devant moi : le chat. Il est tout simplement en 4eme de couverture du répertoire que j'avais consulté plusieurs fois mais sans le retourner totalement. Cette petite peinture était cachée là sans rien dire. Farceuse. Un tout petit carré coloré dans le fond bleu profond cartonné de ce grand carnet, étroit et long.

J'ai eu l'impression qu'il me faisait un clin d'oeil, placide. Genre " moi j'ai pas bougé, j'étais bien là où tu pensais depuis le départ. Fallait juste que ton regard me voit."

Je l'ai, je l'ai !! ai-je crié dans l'escalier.




Voilà pour aujourd'hui. A suivre...
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J'ai fait deux autres croquis avec la fin de la palette. Je vous montrerai plus tard.

Quand j'ai eu fini, je suis allée dans la chambre en face de mon atelier, attirée par la fenêtre. 

Le soleil et ses dernières traces de lumières.








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Le paysage et ses taches de lumières sur les contreforts du Vercors, m'ont laissé une fois de plus sur les fesses ou plutôt en l'air.

C'est presque un déchirement en même temps qu'une jouissance d'être le témoin d'une telle beauté. Je voudrais m'y fondre, la rejoindre, être une zone de lumière bleutée au milieu de milliers de lumières bleutées qui tout doucement mais dans une clarté rebelle vont s'épaissir, ralentir leur souffle, s'endormir contre la mousse des cimes. Sans rien attendre d'autre, sans être autre chose qu'un peu d'air coloré et éphémère.
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Oui, je voudrais.
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