Pluies les madeleines

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Je ne veux voir qu'une seule tête !

Cet aprem, dans une boutique du village, me vient un coup de pompe royal, bigre dans quel état suis je ?

Je ressors avec un sachet de petites madeleines qui s'avèrent délicieusement bienfaitrices.
Bigre comment me sauver du coma, on dirait que je manque de tout, de vitamines, de fer, de cuivre, d'or et d'argent, de beurre et de cacahouètes, de tonus et de souffle !?

Revigorée par la vue des petites madeleines et leur goût sous ma langue, je décide de leur offrir des frangines directement conçues dans ma cuisine.

De la purée d'amandes et moins de beurre, de la farine de riz avec celle de blé. Tournicote la pâte dans la casserole comme une mayonnaise légère. Et Chance ! Elle sont bossues mes sauveuses, elles ressemblent à de vraies madeleines de Pâques !

J'y ai aussi glissé des morceaux de chocolat, c'est vrai.


Pendant qu'elles se reposent, je me glisse sous la couverture au chaud du lit et j'entends le vent balayer les carreaux et la pluie. J'aime m'allonger dans la chambre quand la fatigue est trop forte, quand je sais que rien d'autre n'y fera. Tout glisse alors. Je me retrouve petite fille et il suffit de respirer. De se cajoler, de se chauffer. D'oublier.

J'écoute la radio et j'entends Léo Ferré. Il est tellement lié à ton être que seul toi, immédiatement, tu remplis la pièce, ce que nous fûmes, et le vide laissé. 

Y-a-t-il des chemins qui ne se croisent plus jamais ? Telle est la phrase qui me vient quand je me lève enfin, encore emplie de la chanson et du souvenir. Je descends les escaliers. Y-a-t-il des chemins qui plus jamais ne seront croisés ?

Je vais mieux. En bas le poêle est orange, le linge sèche, et je ne suis pas seule dans cette maison, tu sais ?
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