L'ailleurs en bouche

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Une charmante blogueuse m'écrit que les seules choses qui manquent parfois à son palais, quand elle est loin ,sont la salade verte et les yaourths. Tiens me dis-je ? Tiens, qu'est ce qui te manquait, à toi ?

La cuisine d'Asie du Sud-Est est une des cuisines les plus variée et les plus raffinée, enfin tout est à mon goût. Les piments, tu peux doser, ils ne sont pas un réel problème. Non, tout y est. C'est aussi le régime alimentaire idéal, parfait. Que du salé pendant les repas. Toujours du riz, des légumes, de la viande des oeufs ou du poisson, ces trois mets à volonté sur la table, pas mélangés c'est toi qui fait ton fourbi. Une cuisine de liberté et de fraîcheur.Les fruits sont mangés entre les repas. Ils sont tout épluchés et coupés, tu te sers avec encore plus de gourmandise de ces délices, à se damner...
Bien sûr, il y a plein de plats qui mixent légumes et viande ou poisson, beaucoup de soupes surtout, pleines de saveurs incroyables. J'adore.
Qu'est ce qui manquait à mon palais ? Le chocolat noir. C'est tout. Mais ça tu en bourres ta valise, et les amis risquent même des colis. A la saison froide, pas la chaude, sinon tu reçois du couli de chocolat dégoulinant ! Un copain nous avait envoyé aussi du fromage, un camembert, enveloppé de magazines récents. Le tout est arrivé en sandwich. Le camembert fondu entre couches de papier coloré. On a laissé dehors, sur la table du jardin. Un chien pelé est passé et à tout mangé. Miam les hamburgers des occidentaux !! Rigolades.
Oui, le fromage manquait à certains, c'est vrai. Pas à moi. Il y a tant de merveilles en Thaïlande, par exemple. Tant de plats, tant de légumes, tant de fruits à te renverser par terre de plaisir, que non. Juste ce petit carré de chocolat noir, fin, c'est vrai.

La seule chose qui manquait dans mes trois séjours ( d'un à deux ans chacun) dans ces pays, sont les émissions de radio de Radio France. Car en ce temps là ( de 1988 à 1996) on captait mal, ou pas du tout. Nous n'étions pas équipés et , bien sûr, l'ordinateur n'était pas encore dans les maisons, en tout cas pas en campagne. Alors cette nourriture là, celle des voix, des infos au quotidien, des merveilleuses découvertes de France Culture, des animateurs aimés de France Inter, et tout le reste, oui cette nourriture me manquait beaucoup.

Nous y pensons encore aujourd'hui à cette période où l'ordinateur n'était pas dans nos vies quotidiennes et tout juste au boulot. On était coupé de l'Occident, des amis et de la famille. Et nous aimions cela, la plupart d'entre nous étaient venus pour cet isolement, ce "laisser tout derrière" et surtout pas pour entendre des parents, des cousins, des amis au téléphone chaque jour. Cette coupure nous forgeait, façonnait chaque moment, chaque choix, chaque décision. Elle avait ses douleurs et ses joies, elle était pleine. Le courrier était une divinité, le fax une magicienne. Le temps prenait tout. La distance pesait, s'écoulait comme en chair et os, et permettait de rythmer les sentiments et les informations échangées, elle donnait une forte maturité aux choses. Elle nous laissait libres, seuls, sans attente ou très patients, ce qui correspondait parfaitement aux caractères de ces pays boudhistes .

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