30 nov. 2009

Nepal. Leçon d'Etre (2).

Nous revoilà sur les collines népalaises, pour une deuxième ( et dernière) " Leçon d'Etre " sur ce chemin qui mène au village. Vous qui prenez en route cette histoire, voyez-en le début dans le billet (1) de vendredi...

Je suis avec ma collègue et amie Cécilia
et nous sommes entourées d'une brume épaisse, on ne voit pas à quelques mètres. Personne, devant ni derrière nous.
Nous sommes comme dans un nuage de bien être et de paix. On ne sait pas, et on ne voit pas, où nous mènera ce chemin de terre tortueux mais q
u'est ce qu'on est bien !

Et puis, sorties de nulle part, arrivent des petites filles qui dévalent la pente en sens contraire et viennent vers nous. Jupes plissées, n
oeuds rouges dans leurs cheveux : ce sont des écolières. Nous apprendrons plus tard qu'elles font deux heures à pied à l'aller puis au retour pour se rendre à l'école.On s'arrête, on baragouine quelques mots d'english. "School, OK, good, go...".
Mais voilà : les fillettes ne veulent pas continuer leur chemin. On a beau leur dire avec nos mots et nos sourires et nos gestes que tout va bien, que
" go, go, OK, go ..Ok..."
qu'il faut qu'elles continuent leur chemin vers l'école sans se faire de soucis pour nous.
Non, rien à faire.

Dans un pays civilisé ce n'est pas comme cela qu'on agit.

Le chemin c'est comme ta maison. Si un étranger y entre, tu prends le temps de t'assurer qu'il va bien et qu'il est à l'aise.

Tu ne passes pas ton chemin, non.


Alors, rien à faire, maintenant que nous nous sommes rencontrées les voilà qui remontent avec nous !
Elles veulent être sûres qu'on sera en de bonnes mains un peu plus haut, avec des adultes, avec leurs familles.

Nous sommes confondues de les retarder, mais nous voyons bien qu'il n'y a rien d'autre à faire. Les voilà qui sont nos guides et il faudra croiser un de leurs pères entrain de descendre pour qu'elles acceptent de retourner à leurs affaires.

Elles sont radieuses en nous quittant.
Non, elles n'ont certainement pas perdu leur temps, c'est ce qu'elles semblent nous signifier.


Nous restons plantées là à les voir (re)dévaler la pente en riant, toutes heureuses.
On se regarde Cécilia et moi, remplies d'admiration pour ces fillettes qui ont mis, pour toujours, des paillettes dans nos yeux.

On se dit que, oui, ces écolières là elles viennent de nous donner une sacrée leçon !


Lôlà

8 commentaires:

Moukmouk a dit…

Le mot solidarité a un sens. On ne laisse pas des étrangers se perdent dans la montagne parce qu'il faut être solidaire de ce qui vit. Dommage que trop d'urbains aient oublié.

Epamine a dit…

Bon, si c'est comme ça à chaque billet de la tortue, je vais laisser un petit paquet de mouchoirs près de mon ordi...

Oui, c'est ça: ces histoires népalaises mettent des paillettes dans nos yeux et pourtant pas question ici de nous jeter de la poudre aux yeux...juste du bonheur dans le cœur!

Tifenn a dit…

Ben dis donc...vraiment je suis heureuse que tu aies ce blog..que d'histoires que j'aime, émouvantes, belles, simples...

Lôlà a dit…

Merci à vous amis qui passez, ça fait bien bien plaisir vos mots !
Ces histoires népalaises "datent"..et pourtant 20 ans après...finalement elles ne datent pas du tout ni en moi, ni tout court.
Les photos sont des photos de photos de mon album...et ce n'est que maintenant que trouve les mots et surtout, surtout, les LECTEURS..et ça c'est du bonheur en barre.

Djoz a dit…

C'est chouette de partager tes albums avec nous ! C'est effectivement une bonne leçon de vie...

Raconte-nous encore des histoires de chemins !

Lôlà a dit…

Voui voui, voui...
Et les chemins de connivence(s) sont ceux que je préfère, chère Tempérance.

Djoz a dit…

"Les chemins de connivence(s)"... Très, très belle et juste formule.

Bonjour à toi, Lôlà !

Lôlà a dit…

Chemins où l'on passe mais tout reste.