Népal, leçon d'Etre (1).

NEPAL, 1989. Nous sommes un groupe d'associations en visite "de terrain" sur des collines.
Tous venus de 20 pays voisins.



C'est très tôt, la brume emplit
les montagnes.


On a tout le temps pour arriver au village où nous passerons la journée. Sans doute deux bonnes heures de marche.
On se donne tous rendez-vous là-haut.

Mais elle, elle ne veut pas.
Elle ne peut pas.
Elle est ashmatique, elle dit qu'elle n'y arrivera pas.

Une népalaise s'approche, elle lui prend tout ce qu'elle a. Son sac, ses vêtements et aussi son découragement, je crois.

C'est elle qui portera.
Personne, jamais, ne reste en arrière, non.
On ira.

Elle ne dit rien.
Elle lui montre juste comment poser sa main sur ses épaules à elle.
Elle s'ajuste au pas lent de "l'étrangère" qu'elle rend sûr.
Qu'elle rend confiant.

Je les laisse derrière, j'avance, moi, à mon pas, avec mon amie Cécilia.A peine une heure après tout le monde, elle arrivera en haut, au village.

Elle va bien, elle n'est pas plus fatiguée que nous.

Je la vois arriver. Elle rayonne, elle jubile, c'est le plus beau jour de sa vie.

Elle n'a jamais fait cela, elle avait peur et ne pensait pas possible de le faire.

Son "accompagnante" népalaise, elle la regarde les yeux brillants, la prend dans ses bras.
Elles sont liées pour toujours.

Accueillir, accompagner.
Il y a des lieux comme ceux là où tu prends une sacrée Leçon d'Etre...

Lôlà