L'embellie

C'est peut être une des choses que m'a appris la peinture depuis trois ans : on peut refaire et refaire et tout embellir. On peut recommencer autant qu'on le souhaite, tout essayer, et le fait d'être apprenti amateur sans enjeu autre que personnel, ouvre toutes les audaces.

 Je suis toujours étonnée quand je vois que des apprentis comme moi se brident, s'empêchent, ont des peurs. Mais en fait, non, bien sûr, je ne suis pas étonnée puisque c'est l'extraordinaire de cet art : nous y sommes transparents. Nos peurs et nos limites s'affichent. Mais on peut les repousser, les traverser.

J'ai repris une peinture de la semaine dernière qui ne me plaisait pas.
Ce matin, tout en bidouillant, je me disais que la peinture offre plus de folie créative que l'écriture. On y est plus libre, les matériaux sont sans fin, on peut jouer, essayer, transformer beaucoup plus que ce qu'on peut tenter sur un texte. Le texte reste tributaire des mots. La peinture utilise mille langues vivantes, on les invente même sans le savoir.

 La peinture touche encore plus à l'inconscient. Le corps est très impliqué, la circulation entre corps et esprit est intense. Je dis des évidences mais je l'ai juste encore ressenti ce matin.

J'ai donc commencé par de l'huile blanche. Tourné la feuille dans tous les sens. Partie sur une idée de paysage fantasque, je suis revenue vers un visage, à coup d'huile, encre sépia et pastels trempés dans l'huile de lin,
J'aurais aimé esquisser un corps mais je ne suis pas assez bonne en dessin pour le moment. Les traits ne s'assemblent pas bien pour créer des formes humaines. C'est un projet, je dois d'abord travailler le dessin.

Ainsi, donc....la transformation

La base, moche



La suite....




Rajout de pointes d'huile blanche à la fin















Un jour, quand je serai grande, je veux arriver à mêler abstrait, juste à la limite, et figuratif. Qu'il faille s'approcher et se laisser emmener pour distinguer, peut être, un corps, un animal, un visage, Mais que rien ne soit évident du premier regard.

Un jour, plus tard. Mais souvent, dans mes essais et bidouilleries, c'est ce Graal qui est dans ma tête.
Cela et bien d'autres choses...
Comme...beaucoup moins de couleurs.
Comme une harmonie Noir/blanc.
Comme de la matière beaucoup plus brute, des toiles épaisses.
Comme des paysages pas du tout figuratifs, signifiés par des masses de couleurs ( et pour cela je dois travailler les perspectives et être capable, déjà, de peindre un "simple paysage" !).

Comme, comme...en bref, j'en ai pour cent ans d'apprentissage. Ô Joie !
Bientôt au chômage, je vais me remettre en quête d'un atelier-cours pas trop loin.


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