Grande évasion martienne



C'est un beau jardin, que dis-je, un terrain, niché dans la vallée.
En face les montagnes, tout droit l'Espagne.
En bas, tout en bas, prends un bâton pour ne pas glisser, en bas du terrain de chênes toujours feuillus, la rivière.

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C'est toujours à Collioure qu'on devient heureux. Qu'on revient heureux. Qu'on vient.
Parfois c'est la lune rousse immense qui mange tout le ciel et sort de l'eau comme une sirène.
Parfois c'est après un long apéro dans un endroit généreux et beau et sur la route il faut s'arrêter car le ciel se couchant est en furie. Déballe sa panoplie de nuages effrayants, de lignes de feu, de mauves extra terrestres. Et nous n'avons pas assez d'yeux et de têtes à tourner de l'Est au Nord, du Sud à l'Ouest. On retourne dans la voiture éberluées. Tambourinées et lavées, magiciennes.

Cette fois c'est midi et la mer rejoint le bar et la plage rejoint la nappe couchée sur le muret.
Tout est bon. Et la mer bleue tellement bleue, tellement sûre.

On peut douter de tout, tout est bien là.

Collioure c'est merveilleusement simple. Hors saison, bien sûr.



Quatre jours loin de soi, près des autres. Quatre jours à soi. Pour reprendre souffle.
Retrouver le goût du risque, du vent, des mimosas grands comme des arbres qui explosent leur jaune indolent, brise lourde dans leurs branches qui ne craquent pas.

Dans le train c'est aussi un vrai spectacle derrière les vitres, sales certes. Mais comme j'aime le flou, l'incertain, les infimes possibles, ça me plait bien.


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On sait qu'on est dans le sud quand les arbres penchent même quand il n'y a plus le vent.


Quant aux vignes, leur fonction, quand elles sont nues, est de danser immobiles. 


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