Pourquoi ?

Je suis partie quelques jours et j'ai tout oublié. J'ai même oublié la pièce bureau-atelier où je peins et bidouille. Quand je suis rentrée chez moi, j'ai ouvert la porte de cette pièce et c'est l'odeur d'huile qui a fait revenir en ma mémoire la vie d'avant, celle de la semaine dernière où je passais du temps dans l'atelier. Qui existait, c'est vrai. J'avais oublié.

Je ne repeindrai plus, ai-je pensé. J'en ai fait le petit tour, je n'ai plus le goût. Les derniers essais sur des planches de bois m'ont amusé mais sont sans intérêt. C'est vrai d'ailleurs, peindre pourquoi ?
Le merle chante, il sait pour quoi. C'est d'une grande utilité. Peindre, ne sert à rien. Le résultat est insignifiant pour moi, seul le moment compte, l'acte, le geste. Et après ?

 Et je ne sais comment, je ne sais pour quelle raison, j'ai démarré cette activité il y a un an, exactement. Ne me demande pas pourquoi, je peux juste dire comment, c'est ici que j'écris le comment, que je me commente moi-même dans cette inutile action, ce désir, ces envies. Pour moi. C'est pas pour quoi. C'est pour moi, répond le berger à la bergerie.

Demain ? Quoi ? Demain peut être ou bien rien. Demain ? 
Deux mains. C'est pour cela.




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Ci-dessus et ci-dessous, la planche qui subit sans rien dire mes assauts depuis quinze jours.

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Patiente et sans autre projet que le mien. Mais je ne connais pas cette histoire que je lui raconte. 
Elle est hasard et mocheté, défaire et effacer.
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Au fond, de quoi se plaindrait-elle, elle voyage et se transforme au gré.

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Elle va se reposer, penser que demain il y aura d'autres histoires à me conter.
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