Où est-elle ?

Depuis janvier on raconte La Miche, Pascaline de son vrai nom.
En cliquant sur le libéllé "La Miche", tu verras tout.

J'ai une lectrice qui suit, ça me suffit et puis surtout y'a moi, qui essaie de la suivre La Miche.

D'une colline à ses fromages, d'un courrier énamouré, d'un bus à un neveu, d'une route en escarpins au dessus des corniches, il y a La Miche qui poursuit son chemin. Elle se plaisait bien dans la cabane de la tante de Pagure, celui qu'elle doit revoir. Ils avaient promis.
Elle se plait là, tout l'été, la mer au fond, les chats dans les broussailles et les dahlias multicolores qui s'invitent en automne, oui,  elle se plait , elle prend le car pour aller au village, elle oublie les journées, tant et si bien que le rendez-vous d'aout fut raté. Ce n'est pas de ma faute.

Voilà ce qui s'est passé. J'y suis allée.
N'ayant aucune nouvelle, n'ayant rien à raconter, j'ai pris mes tongues et mes claques et le bus aussi, et avec lui j'ai tournicoté. Tournicotinoté.

J'ai eu du mal à trouver son refuge bleu. La petite barrière est loin de la route, j'avais peur de me tromper. Quand j'ai vu les trois chats agglutinés sur la chaise en paille, et la grosse pierre du perron soulevée, j'ai su que j'avais trouvé.

La cabane est ouverte, là dessus pas de soucis et tout est en ordre à l'intérieur. 
J'ai attendu et ce n'est pas un souci non plus d'attendre comme ça, à regarder le vert sombre de l'eau immense virer au doré puis au bleu sourd en fin de journée. 
Sur la table un poivron et des tomates, à l'ombre, un paquet de courgettes. Les chats et moi on a cuisiné. Sur les étagères une provision de thon et sardines en boite. On a partagé. Eux tel que, moi je les mets au barbecue, je les laisse dégorger et griller ferme. Puis je les écrase sur une petite biscotte, car ça aussi il y a, dans des boites en fer, bien gardées.

On a dîné dans le jardin, et le ciel rouge est devenu orange puis gris léger avec des reflets mauves. Puis on s'est couchés. J'ai amené mon duvet, t'inquiètes.

Le lendemain, on était toujours là. Rien à redire, le coin est au poil.

Donc, voilà la situation, pas de Pascaline en vue. Mais on va rester un peu, l'automne s'approche et ça a l'air pas mal. Le bougainvillier est vert soyeux et fuschia, un parterre de cosmos monte à deux mètres, et les framboisiers refont victuailles, je ne savais même pas qu'elle en avait ici. Cette cachotière.

Donc, on bouge pas. Tu ferais pareil, dis moi ?

Et j'ai amené mes crayons et mon carnet.

Comment ? Pagure le fiancé ? Le mot trouvé sous la pierre fin juillet ? Pas de panique, ça va s'arranger...
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