la mal entendue, libérée

Finalement il me faut beaucoup de temps, parfois, pour comprendre. Je suis parfois naïve avec ma vie.
Je m'étais donnée rendez-vous dans cette ville et je ne le savais pas. Je croyais avoir compris les heures et les lieux et rien ne s'organisait comme dans ma tête. Mes oreilles avaient enregistré des informations d'un autre monde, sans doute ? Alors la réalité est enfin parvenue jusqu'à moi. Les décalages entre ce que je montre, ce que les amis croient et ce que je ressens profondément. Et le gouffre sous mes pieds s'est enfin présenté.


Je me prenais une claque, une claque au passé et à l'ego et c'était sans doute le moment, bien mérité.

Je pouvais grandir, il me fallait entendre, ce qu'on avait déjà essayé de me dire, ce qui m'avait fait souffrir, la distance entre nous désormais lucide, tranchée. Maintenant j'étais assise sur le trottoir et je le voyais défiler. Je pouvais partir. Ce serait définitif. L'amour l'est, cela ne change rien. " l'amitié est comme l'amour" me dit-elle, je lui dit que oui, ça j'en suis sûre.

Ce n'est plus la question. La question c'est que j'étais en décalage, désaxée, et que rien dans l'espace-temps ne m'accueillait. Tant ne m'accueillait.  J'étais une intruse trop souvent. Et je l'avais orchestré.

Alors j'ai enfin entendu, perçu et mesuré. Cette distance entre ce qui fut et ce qui est. Ma place ailleurs enfin, où je vis, là où j'ai tout à apprendre et où je me retrouve enfin.
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Non, il n'y aura plus de regrets, plus de nostalgie, je laisse derrière moi un chemin accompli. Je referme mes traces comme un ours dans la neige. Non, il n'y a plus d'illusions et plus de "et si...". Je ne suis pas celle, je ne me suis pas reconnue dans leurs yeux. Le temps a fait son affaire et c'est tant mieux. L'amour dans une boîte je le range à l'abri. 

Je me suis ancrée tout à coup. En quelques jours ailleurs, dans cette ville de l'enfance, me sentant paumée et désertée. Désertante, j'ai muté. Plus près de moi il me faudra me découvrir.
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