Notre jardin

Pourquoi avais je photographié cette plante toute nouvelle dans le jardin ? Parce que tu l'aimais. On se demande un peu, ce qu'on a dans la tête. Quand on s'aime.
Le creux juste devant, tu voulais toujours y faire ton pipi. J'avais protégé avec des branches pour t'empêcher de ruiner mes essais jardiniers. Tu aimais me faire bisquer.

Quand je t'ai su condamné, j'ai enlevé nos petits jeux, je t'ai tout laissé libre. Pisse mon chat, fais ce que tu aimes faire dans ces endroits qui comptent pour moi, participe au jardin avec tes petites odeurs félines. Tout est pour toi. Je me foutais de tout, je me fous toujours de tout sans toi, aujourd'hui. T'étais mon pote pour la vie. Le jardin et toi ça faisait un seul : toi et moi.

Quelle ne fut pas ma joie de te voir revenir dans ce coin aux senteurs aimées, toi le sniffeur fou, et sentir et t'accroupir, exactement là où je le voulais, là où je t'attendais, comme un cadeau.

Que chaque instant soit une parcelle de bonheur. Toi vivant. 
Toi parti, reste la plante. J'y passe. Je pose mes yeux, exactement là où tu t'accroupissais pour la dernière fois il y a trois semaines. Je touche le sol puis je m'en vais.


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Ici sans toi, les oiseaux se nourrissent, ils ont envahi à nouveau le jardin. Ton frère les laisse, c'est un grand pacifique, surtout depuis qu'il est seul. Il t'a cherché mais tu ne reviendras pas, il le sait maintenant.

Les roses jaunes, tu sais, si odorantes, n'en finissent pas de fleurir, et même après le gel, tu vois.
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