C'est l'hiver. Tu vois ?

C'est l'hiver qui s'installe. Tu le vois ?


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Non, tu ne le verras pas.
Je le sais en prenant le chemin. Je le prends pour toi.

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Je me demandais pourquoi je ne partais plus en balade et pourquoi je ne prenais plus de photos.
Je sais, c'est toi. Ce n'est pas parce que l'hiver n'a rien de beau. Non. C'est moi.
Alors je t'ai pris plein de photos. Et à chacune j'ai pensé à toi. A cet hiver que tu ne vois pas.

Tu le vois ?

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Ici l'eau est vive. Rien n'y fait, elle a le parti pris de bouillonner, de partir, de forcer les rives, de me bousculer.
Au bord du ruisseau je me suis accroupie et j'ai laissé l'eau me prendre.

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Et j'ai pensé à toi. Et sur l'écorce des arbres j'ai pleuré enfin.

Il n'y a rien à comprendre, je dis, il n'y a rien d'autre à faire. Tu vois cet hiver est beau, chaque chose est à sa place. Le chagrin a ses digues glacées. Il n'y a rien à comprendre. C'est pour toi que je suis sortie voir dehors et te montrer ce que mes yeux voient. C'est comme ça.
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