Le premier mercredi sans toi

Mon petit chat chéri je me réveille dans la nuit et je te pleure, je me lève au matin et je te pleure. Je me suis couchée sur le tapis, tu sais en bas, le nouveau tapis pakistanais qui t'a immédiatement plu et où tu as passé une partie de ta dernière semaine. Mon petit chat chéri nous te pleurons de toute notre âme et je me fous complètement de savoir ce que quiconque en penserait. Mon petit chat chéri j'ai tellement réalisé ce matin que les petits dejeuners étaient vides. Plus de toi qui tourne autour du fauteuil, puis me saute sur les genoux, puis se niche caché dans mon coude et ronronne plus fort que la radio.
Mon chat chéri nous avons besoin de nos pleurs. Ensuite, la vie se lève dans nos coeurs et d'autres pensées d'autres envies peuvent sauter sur nos genoux et se nicher au coude. Tu m'avais vu perdre notre Princesse adoptée par surprise à l'été 2005. Tu sais bien comment je suis. Tu n'avais pas vu ton maître en 1997 pleurer sa Mimine, c'est grâce à cette douleur insoutenable que nous avions décidé de reprendre deux et non un chat une année après. Toi et ton frérot à l'été 1998. C'est un peu grâce à Mimine, tu vois, cette chatte intelligente et superbe, morte elle aussi, comme Princesse, sur la route, que tu as vécu avec nous ? Va savoir ?
Il te fallait, et ta place tu l'as prise immédiatement, tout cool tout de suite, installé tout de suite sur un coussin roulé, petit chaton dès ton arrivée à la maison. Tu fus chez toi à la seconde, sans inquiétude, alors on a dit " Il est cool lui, on pourrait l'appeler Couli ?"

Je revois ton visage, ton museau pointu, tu as toujours gardé un air de chaton. Les yeux soulignés de blanc et ta "cravate" blanche au cou. Tu étais présent sans cesse autour de nous. Une vraie concierge, on disait. Tu observais tout, me suivais comme un petit chien, ronronnais dans les toilettes nous caressant les jambes, "prenant ta douche" avec Lui. Tu restais avec Lui dans la salle de bains, heureux sur les pantoufles, ronronnant non stop. Tu avais ta serviette de toilette et il te massait avec ta serviette, te parlait, faisait semblant de t'essuyer partout avec moultes commentaires. Je ne sais plus comment mais  c'était arrivé comme cela, dans le précédent appartement, tu étais entré dans la salle de bains et tu attendais quelque chose après notre douche, dans la moiteur de la pièce, et nous avions compris, tu avais tout de suite adoré ce moment avec une serviette autour de ton petit corps ravi.

Voilà ma bestiole chérie, ce matin Lui et moi nous t'avons pleuré fort, longtemps. Je ferme les yeux et je te vois. Je les ouvre et je te vois. L'amour et la dépendance ne comptent pas le nombre de pattes, ni de poils, ni de moustaches. Heureux ceux qui mettent la distance entre vous et nous et qui ne savent pas, comme ceux, au boulot, stupéfaits de me voir dévastée. Nous faisons partie d'un groupe d'êtres fous, qui n'ont besoin d'aucune case où ranger et classifier les êtres vivants selon leur espèce. Tu sais que j'avais été élevée avec la peur des animaux et que je suis vraiment fière d'avoir évolué. Tous mes fiancés aimaient les bêtes et m'ont peu à peu montré comment ne pas les craindre, d'abord, puis vivre avec eux. Bien sûr, Lui, est le plus fou, le plus gaga. Tu te souviens qu'au début je lui avais dit " Mais on embrasse pas les chats !!!" En le voyant, horrifiée, vous faire un bisou sur la tête.
Et lui de me répondre
- Ah bon ? Qui a dit ça ? C'est interdit ? Pourquoi ?
Et moi, quelques mois après, de me voir vous embrasser, noyée de joie et d'affection, ayant brûlé tous les préjugés dont les humains, si prétentieux sur leurs deux pattes, se couvrent.
Tu m'as tout appris mon Couli.

Tu ris, mon chat chéri ? Oui. tu ris.
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