Mardi

Voilà mon petit ami, ce mardi 22 novembre et la semaine dernière tu entrais dans ta cachette sous terre sous les framboisiers.
Nous avons pensé à toi hier soir. Nous avons allumé encens et bougies. Nous avons encore parlé de ta vie, de ta présence mignonne, de ce soir là où tu t'es couché en travers de mon torse et où nous nous sommes endormis ensemble, ronronnant, chose rare. D'habitude tu allais sur les jambes de Lui car tu sais que les miennes me font mal avec ton poids.

Et il y avait ces moments où tu revenais vers mon corps le soir, en haut, parfois moustaches contre moustaches, parfois sur mon bras, sous mon aine. Et ce soir là, un soir pas comme les autres. Je tombais déjà dans le sommeil quand tu t'es rapproché, j'ai bien vu ton oeil sur le côté, malicieux. Tu savais toujours exactement quand nous nous endormions, à la seconde, au souffle près. Alors ce soir là, en septembre de cette année,  tu savais que je m'abandonnais et de mon aine tu es remonté sur mon flanc puis délicatement, me sachant consentante, tu as grimpé un peu, puis tout à fait, progressivement, te faisant tout léger.

Etalé de tout ton long en travers de moi, au dessus de mes seins, tu t'es relâché complètement, suivant mon rythme ralenti, partageant mon souffle. Tu me savais encore consciente et irradiée de bonheur de te porter sur moi, en moi dans mon sommeil, notre sommeil de ce soir là. Je me suis endormie dans la félicité et une détente totale, emportée par tes ronrons vainqueurs et bienfaisants. Oui, bien faisant. J'en ai encore le goût dans tout mon être, et mon corps en résonne comme d'un moment magique, un frisson intemporel entré en moi, par toi.

Ainsi je te garde maintenant, étalé sur ma poitrine en dessous du cou, telle une écharpe de bien être qui savait tout, qui saura tout.