Auteure

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Je voulais écrire des chansons. C'est fou comme à dix-huit ans on sait exactement ce pour quoi on est fait, ce qu'on a dans les tripes. 
Je les composais en marchant. A voix haute et tue-tête, souvent en anglais, ça venait comme ça.
Une année je me suis risquée chez les pro. Des cours, ateliers à L'école de la chanson à Paris. A l'époque l'atelier se trouvait dans une rue proche du métro Corvisart, comme une belle chanson de la Françoise H...

On accédait à un entresol, on croisait la scène. Il fallait interpréter, répéter, chanter, vocaliser, respirer. La pianiste qui accompagnait avait travaillé avec les Frères Jacques. Je l'aimais bien. Elle aimait que je chante en anglais. On étudiait des chansons de Trénet, c'était très formateur, plein de déliés, de formes, de phrasés, de rythmes et on pouvait découvrir nos styles personnels. L'interprétation.

J'ai travaillé une chanson de Diane Dufresne, dont j'étais une idole. Rien de plus difficile. Avec des envolées dans les aïgus en quelques secondes. Bien trop dur pour moi.

Il a fallu monter sur l'estrade et faire fi de la timidité pour de bon. C'est là que j'ai su que je ne serais jamais chanteuse.
Mais écrire des chansons, oui. Bien sûr. C'était une très bonne idée.
J'ai continué de marcher en composant, la tête en l'air, les pieds dansants. Et puis ça m'a passé.
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